J’ai perdu mon stylo et j’écris dans ma tête parfois droit parfois en italique
Je note des images venues de je ne sais où
Un zèbre 🦓 passe sur des feuilles 🍁 mortes
Sa course erratique les fait craquer
Je vois des lettres qui se dressent comme la muraille de Chine
J’entends ma prof d’Histoire de l’Ecole Normale d’Instituteurs de la bonne ville d’Auch nous parler du Devisement du Monde 🌍 Le livre des merveilles de Marco Polo
On dirait un conte à dormir debout
Un exercice exorcisme des nuits où sans stylo tout se bouscule dans nos têtes
COMME SI LA NUIT
Comme si la nuit on ne touchait plus terre
Comme si la nuit on y voyait les yeux fermés
Comme si la nuit on se noyait dans l'écume des jours
Comme si la nuit l’arbre de la Paix remuait encore
Comme si la nuit les Grâces se manifestaient à Saint Germain des Près
Comme si la nuit on assistait à l’attaque au couteau contre Salman Rushdie
Comme si la nuit on prenait le frais sur le pas de porte de Mr Cezanne
Comme si la nuit on tournait les boutons d'une radio parlant toutes les langues
Comme si enfin la nuit blanche accouchait de ce bel aujourd'hui

comme si la nuit hypnographie dorio 5 mai 2024
PERDRE L’HABITUDE
PERDRE L’HABITUDE
–Qui t’a donné une philosophie aussi gaie ?
-L’habitude du malheur.
Beaumarchais (24 janvier 1732 Paris-18 mai 1799 Paris)
L’habit d’éTude d’une forme flottante sur un papier gris bleu
Si j’étais musicien mugicien
j’écrirais un madrigal
pour loup de mer pris en ses rets
pour luth d’Arcangelo Corelli
pris en ses ré dièses
Mais ici je flotte j’écris d’un jet de dictionnaire :
écoulement généré par une quantité de mouvement ou une flottabilité initiale et se développant le plus souvent dans une ambiance au repos
J’écris précisément depuis la Hourquette d’Ancizan Hautes Pyrénées
sur ce bloc gris bleu que je me suis mis en tête de saturer d’écriture
ce 24 mars 1977 -précisément- avec un stylo feutre bleu fin
L’ORCHESTRE Ellington, c’était, pour nous, » la famille » Ainsi s’exprime l’opinion globale de ses musiciens interrogés. Une famille où quelques-uns continuaient de s’aimer en se faisant la gueule, en parlant peu ou pas du tout, des mois durant, comme Hodges et Bigard, mais où chacun éprouvait le sentiment de participer à une communauté sans équivalent. Vingt-cinq ans après l’avoir quittée, un de ses membres gardait l’impression, toujours, d’y appartenir. Cette troupe, unie par quelques affinités et beaucoup de hasards, puis d’habitudes et d’intérêts, un livre de Stanley Dance nous la fait découvrir hors de la scène, dans les coulisses et les hôtels où elle se détendait, les wagons Pullman où elle se prélassait, les exténuants autocars où elle bourlinguait. À » la famille « , on reprocha, sur la fin, d’être devenue patriarcale, alors qu’elle était collégiale, au début. Mais on n’en continuait pas moins de se trouver et de se retrouver, en son sein, mieux qu’ailleurs. La plupart des grands fugueurs y revinrent : Hardwick, Tizol, Hodges, Cootie.
Lucien Malson Le Monde de ce 24 mars 1977
J’écris je laisse aller le projet
je serais metteur en Seine
tu serais ma noyée
réanimée par le bouche à bouche amoureux
breveté par la croix rose bonbon
Je lave chaque matin mes métaphores dans le lavoir du village plus haut nommé
Lavoir aux alouettes où passent les rumeurs du monde rouge sang amours jaunes
Le bœuf aux sept cornes la vague d’Hokusai multipliant le mont Fuji
Apprendre un peu chaque jour un cœur d’oiseau primevéral battant la chamade
Apprendre un max l’imagination inscrite dans l’horizon d’un monde indicible impensable
L’imagination est l’exploration de cet impensable à travers l’effort qu’elle déploie pour s’étendre
Paul Ricœur Cours sur l’imagination Chicago 1975
BARTLEBY
Le Silence sur la page
J’aimerais mieux pas
Le briser ou l’anéantir
ÉLOGE DE L’ARBRE
https://eloge-de-l-arbre.over-blog.com/la-double-existence.html
Découvrez ce site merveilleux où le cœur des arbres réveille des forêts hors d’âge
« Des sentiers frémissent, l’espace s’ébroue,
le temps tremble sous le lierre :
l’arrière-pays se couvre de songes »
Gaston Puel