QUESTIONS À MES LECTEURS FUTILES

J’écris en levant les lièvres d’un gîte où La Fontaine songe :
cet animal est triste et la crainte le ronge

J’écris en écoutant le dernier quatuor de Beethoven
devenu à cette époque sourd, sourd sublime

J’écris en traçant dans l’air la langue des signes
Sur les nuages qui passent là-bas là-bas

J’écris en posant des questions à mes lecteurs futiles
Fussent-ils pervers polymorphes ou slameurs insignes

J’écris sur les pavés que se passèrent de main en main
les petits gars et les jeunes filles de Mai 68

J’écris sur l’océan qui bouge depuis le premier bain
de vagues et de houles avant mes premiers vagissements

J’écris sur l’estuaire, exutoire d’un fleuve
Qui baigne mon poème mystérieusement

traces signes gestes avec Pauline ma fille et Alice sa fillette qui fera 2 ans demain le 2 février 2024

Londres 18 et 19 janvier

L’ARBRE DE STRAWBERRY HOUSE

Dans l’arbre où je rêve mes feuilles sortent d’un livre où les pages sont blanches et que je dois remplir tant bien que mal

Dans l’arbre où je pense : être ou ne pas être et que sais-je ? sont les questions qui me font frissonner

Dans l’arbre où je souffre, les docteurs de la forêt utilisent le terme de « captation embolique » pour décrire la rupture du fil d’eau qui court dans mes tissus de la racine à la cime

Et cependant contre vents et marées dans l’arbre où je dors la mort n’y mord

Italiques Shakespeare, Montaigne, Marot.



Londres quartier de Chiswick maison donnant sur la Tamise

Photo JJ Dorio 21 janvier 2024 12h57



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