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Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
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Prose de nuit à Paris sous un couvre-lit pour atténuer la fraîcheur à mon goût d’une pièce louée à Airbnb Mais c’est excellent pour me sortir de la zone de confort de ma maison méditerranéenne
J’ai descendu la rue du Temple passé devant le majH musée d’Art et d’Histoire du judaïsme que j’irai visiter demain devant l’Hôtel de ville puis la cathédrale en reconstruction avec le nom des métiers impliqués inscrits sur de grands panneaux (charpentiers forgerons chaufourniers verriers carriers bûcherons cordiers menuisiers charretiers cloutiers couvreurs jusqu’aux « pêcheurs de sable ») tous ceux en train de relever la Grande Brûlée
Après un tour dans le Quartier où un dernier bouquiniste fermait sa boîte passant rue Saint Séverin devant le fantôme de la librairie mythique la Joie de Lire je me suis réfugié au bar du Départ autre nom fantôme de l’époque d’Apollinaire et consort pour y consommer une soupe à l’oignon gratinée me rappelant celles de la rue Bayard à Toulouse O Toulouse quand nous étions étudiants poil au dents
Ça fait ronron tout ça à l’eau de rose et de violettes des maraîchers de Lalande qui fournissaient les vendeurs place du Capitole ou devant Saint Sernin s’illuminant le soir d’une fleur de corail que le soleil arrose…
Paris 11 janvier 2024
À la fenêtre du tgv
Au centre de la France
Défilent des villages enneigés
O la neige
Regarde la neige
Qui tombe
Combien de fois ai-je écouté
Cette chanson de Nougaro
Surtout vivant dans les Hautes Pyrénées
Quand la chaste damoiselle
Tombée toute la nuit
Avait fait disparaître ma deux chevaux
Logeant sur la place du village
Près de l’église et de la statue du soldat inconnu
O la neige
La bonne neige
Qui me donnait l’occase
De rester au chaud
Tout le reste de la journée
Faisant batailler
Mon feu de cheminée
Une journée de t'rêves
Car de toutes les manières
Le collège accueillant les élèves
De toute la vallée
Était fermé à clé
Les brebis de mon voisin
Faisaient chanter Apollinaire
Pour Marie Laurencin
Les brebis vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d’argent
Des soldats passent et que n’ai je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je
Marie soit dit en passant
est le plus beau poème
de la poésie française
dans le tgv Aix en Provence Paris gare de Lyon
11 janvier 2024 14:05
Et soit dit en repassant je viens de réécouter O la neige avec le somptueux accompagnement à l’orgue d’Eddy Louis et les paroles hugoliennes de Nougaro C’est du sublime
En revenant des toilettes du train j’ai repéré le titre d’un livre étalé devant une dame qui somnolait derrière son masque anti Covid : Le temps qui reste de Patrick Boucheron
Le temps qui me reste pour écrire ce roman journal prose cachée qui ira jusqu’au bout sauf accident majeur
Le OUIGO est à l’arrêt en Gare de Lyon Saint Exupery Une jeune fille que je voyais au loin mâchant son chewing-gum frénétiquement a disparu laissant sa place à un homme qui me ressemble : cheveux blancs crâne dégarni fines lunettes Mais il n’écrit pas et n’écoute pas ces plages de be bop enregistrées l’année de ma naissance :
Grovin’high Dizzy Gillepsie 2’44 enregistré à New-york le 28 février 1945
Panama Sydnet Bechet 2’40 New York 24 mars 1945
Dizzy et Parker le fameux Salt peanuts 6’30 New York Town Hall 22 juin 1945
(grosse altercation entre deux femmes mère et fille portant le foulard noir et un contrôleur « assermenté » leur dit-il Elles n’ont pas apprécié qu’il les menaçait d’une amende forfaitaire de 150 euros si elles ne bougeaient pas la poussette qui obstrue l’entrée du wagon (elles ont deux bébés jumeaux avec elles) lui les accuse de plus de l’avoir insulté « en arabe »
Dans le Tgv Aix Paris gare de Lyon jeudi 11 janvier 2024 13h54
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