OBSCURE FOURNAISE

chaîne pyrénéenne vue du plateau de Lannemezan 13/11/2023 18h29

une réplique tableau 40×30 cm 19h

une deuxième réplique 20h

Terre noire
Ciel en feu
Couve la menace
Et les hommes
Où sont-ils
Que font-ils
Ils font de même
Fournaise obscure
La guerre et la paix

Fournaise obscure est un livre du poète Gérald Neveu (1921-1960)
"La poésie c'est de sortir de soi pour y faire entrer les autres"
La photographie a été prise par Danielle Nabonne à 18h28 (13/11/2023)
Envoyée à JJ Dorio qui a fait les 2 tableaux (en réplique)
Le poème est de Danielle et de JJ

LES PANTOUFLES DE CALVINO

106  LES PANTOUFLES D’ITALO Italo Calvino me voit cette nuit hésitant sur le chemin des mots, cherchant la forme d’une histoire  à proposer à un hypothétique lecteur. Amical Italo s’approche et me glisse sous les pieds ses pantoufles. Or, comme chacun sait et surtout Monsieur Palomar, ce sont pantoufles dépareillées. Je me lève alors, et feint de boiter un peu sur le chemin cahotant des essais et du compagnonnage avec un auteur illustre. Pas de forme dans l’informe, mais une paire de pantoufles dépareillées…(Le livre d’une vie Une autrebiographie en mille et un fragments) JJ Dorio en cours d’écriture

Italo Calvino (un brin narquois)

L’ATTENTAT CONTRE LÉON BLUM

Le 13 février 1936, Léon Blum installé à l’arrière d’une automobile conduite par un député ami socialiste, est reconnu par des individus assistant aux obsèques d’un écrivain journaliste de l’Action Française, journal d’inspiration royaliste, anti dreyfusarde et antisémite. Aux cris de Mort au Juif, Blum assassin, on casse les vitres de la voiture et l’on frappe au visage le futur président du conseil du Front Populaire, son sang ruisselle et il ne doit sa survie qu’à la présence de policiers de garde et d’ouvriers travaillant sur un chantier qui le mettent à l’abri. « Je sais maintenant ce que veut dire lynchage » dira Blum. Trois jours après une manifestation de soutien initiée par les forces du Front Populaire, se déroule du Panthéon à Nation. Jean Guehenno écrit à Léon Blum : « Ces hommes haïssent en vous ce qu’ils haïssaient en Jaurès : la raison même. Ils haïssent ce qui vous rend à nos yeux estimable, le respect que vous avez du peuple. »

UNE NOUVELLE HÉSITANTE

UNE NOUVELLE HÉSITANTE

Entre Séville et Grenade

Cette fois le choc des coïncidences t’entraîne à Grenade (si, en su Granada, comme dit un poème dédié à Federico García Lorca). Une dame à l’ancienne, avec une mantille de dentelle noire sur les cheveux, te montre ses travaux de broderies, qu’elle fit, faute de mieux, en attendant « son homme », le futur mari qui lui était destiné. Peut-être parce que tu apparais curieux, intéressé, elle détaille pour toi les mille et un motifs de fleurs, les points de croix, les initiales de noms et de prénoms entrelacés. Mais tu n’oses pas lui demander ce qu’elle en pense vraiment quarante ans après. Ce qu’elle pense de cette servitude volontaire; elle cousant, brodant en attendant de faire don de sa virginité, lui, la rencontrant de temps en temps, en tout bien tout honneur, faisant sérieusement ses études de médecine, mais, les choses étant ce qu’elles sont, courant avec quelques amis les bordels, après avoir fait le tour des bars à tapas, où l’on se raconte l’une après l’autre des histoires de sexe à mourir de rire. Une virée dans l’air du temps de cette Espagne franquiste du sabre et du goupillon.

De Grenade à Séville, il n’y a qu’une chanson légère de Iolanda Gigliotti alias Dalida, où l’on retrouve mantilles, « des yeux noirs qui pétillent », « par-dessus la charmille ». Toi, tu as découvert Sevilla, la maravilla, en pleine semaine sainte. Mais loin de te réjouir, les défilés d’encapuchados à la mode Ku Klux Klan, t’avaient glacé. Au son des tambours et des trompettes militaires, tu avais ressenti une véritable terreur. C’étaient des morts vivants qui portaient le fardeau d’un Jésus (Réssous) crucifié et d’une Vierge dolorosa, des Douleurs.

À ce moment du récit, tu t’aperçois que tu t’es engagé sur une mauvaise voie, les Stations, la Passion, ces restes de religion dolente, vulgairement parlant, c’est pas ton truc (à plume !) Tu aurais dû rester à Granada, toute une nuit où l’on boit de la manzanilla, (un vin très sec et doré), en écoutant le chant profond d’une guitare gitane : voy como ayer gitana, murerte mía, por estos aires de Granada, mi Granada Machado hommage à Lorca « Aujourd’hui comme hier, promenant ma mort gitane, dans l’air de Grenade, de ma Grenade ».