LA FLAMME VACILLANTE DES POÈTES DE L’EXIL





E qualquer margem serve
Para receber o lamento
Que não cabe no papel

Nuno Júdice (1949-   )

Et il est une marge qui sert
à accueilir le lamento
qui déborde du papier

(ma traduction)


Le poème évoque les poètes de l’exil
-littéralement hors sol-
Le poète cite Ovide, Dante, Camões
(beaucoup de noms, reconnaît-il, lui échappent)

Je songe à Clément Marot
Poète non pareil
Auteur de grandes merveilles
Dont le catholicisme fanatique
Eut la peau

Y sueño a Antonio Machado
Qué con facilidad
Confundia Belleza y Bondad 1

La nuit quand les mots traversent plus aisément l’Esprit
L’esprit de résistance pour celui qui maintient en lui
La flamme vacillante de la poésie

1 Et je songe à Antonio Machado
Qui, naturellement, fusionnait en lui,
Beauté et Bonté. 


flammes vacillantes hypnographies Dorio 18/12/2021

J’ÉCRIS opus 9





J’écris pour je ne sais trop qui 
et contre je ne sais trop quoi

J’écris sur l’Azur
Et ce soleil de l’enfance

J’écris sur cet ultime vers
Tracé par la main de Machado :
Estos días azules y este sol de la infancia

J’écris pour après tant de paroles vaines
Que survive la parole

J’écris palabras, soledad, llovizna,  
en Lima :
cette pluie fine, si fine, 
un jour où Dieu était malade,
très malade,
en fin de partie

J’écris toutes les nuits
Pour ne pas laisser brûler en vain
La flamme de la chandelle

J’écris sur toutes les paroles entendues
et qui ne sont rien que du silence
si j’en crois ce poète 
qui composa son recueil
page à page
devant la casse, devant le marbre, devant la machine,
prenant une à une les lettres dans leur petit cassetin
pour les aligner dans le composteur
comme faisait son épouse Germaine
qui venait de quitter définitivement leur imprimerie
pour cause de décès

J’écris sur l’oreiller
Tant qu’il y a un peu d’espace vierge
sur ma page

J’écris à part moi
et à part ça je pourrai dire
que j’écris aux autre mois
(faut-il les orthographier avec un s ?)

Si j’écris
Est-ce pour témoigner
Est-ce pour me leurrer
Est-ce pour me concilier la bienveillance
des lecteurs privés d’images ?

J’écris un livre nouveau sous le bras
Comme celui qui vient d’acheter son pain frais croustillant

J’écris sans ambages
Préférant au bon grain
L’ivresse la folle ivraie



évocations citations Antonio Machado, Cesar Vallejo, Gaston Bachelard, Pierre-Albert Birot.


LA PREMIÈRE LIGNE





La première ligne

Nous ouvre un nouveau sentier

Elle est fortuite inattendue





C’est un pas dans la cendre

De nos déserts de nuit

Ou bien le premier rai du soleil

Qui fait lever l’aurore





Une poussée de glyphes

d’un calligraphe, en attente

de la direction,

que va lui indiquer le chemin :





Caminante no hay camino

se hace camino al andar.

Antonio Machado

une poussée de glyphes
Dorio 18/11/2020

la première ligne

TOUT UN POÈME





J’aime la simplicité des relations humaines

et la complexité pour soi

qui cherche 





Que sais-Je ? interrogeait Montaigne

J’ajoute et ne corrige pas

 

J’ajoute

Je ne rature pas





 Certitude du matin devient incertitude du soir

et dans la nuit – souvent – j’y vois plus clair





Caminante no hay camino el camino se hace al andar*

Ce petit chemin qui n’existe qu’en le faisant

Tout un poème !





*Antonio Machado

« Le seul chemin qui vaille c’est celui que l’on découvre en marchant » JJD


	

CES JOURS D’AZUR





« Estos días azules y este sol de la infancia »

Dernier vers griffonné – ou dicté ? –

par Antonio Machado

à Collioure





Peut-être un écrit nous en révèle-t-il les circonstances ?

Mais quelle importance ?





Quant aux mots jetés en ultime pâture :

« Ces jours d’azur et ce soleil de l’enfance »

Il permit au poète qui rendait son tablier crépusculaire

D’évoquer les promesses de l’aube





Nos belles utopies

Que l’on essaie de tenir

et d’honorer





Jusqu’à la ligne dernière









poème publié

(réécrit ce 25/01/2020)

Une minute d’éternité

Librairie-Galerie Racine

2008





Recueil de poésie présent sur le site de la Fnac