JE RÊVE QUE JE MONTE À L’ÉCHELLE DE L’ILLUSION

RÊVES EN PAGAILLE 1

Rêves en pagaille Pagaille de rêves consignés dans maints carnets J’y joue de la guitare mais j’ai des difficultés à enchaîner les accords du Gorille et de Putain de toi Je cherche de la monnaie chez le boulanger mais au lieu de pièces ce sont des ronds de montre que je sors J’y croise nombre de copains Je vois Michel P. qui joue de la clarinette Il a un nœud papillon mais à la fin de la fumée sort de ses narines Je lui offre un pot de confiture de marron dont il est friand mais je m’aperçois que c’est un pot du commerce Bonne maman Alors je fais vite chauffer le chaudron de cuivre avec des reine-claude dont l’arbre de mon  jardin regorge Je fais une étiquette : confiture Dorio pour enfants gourmands de 8 à 88 ans Je suis à une expo de l’ami Toubon Un tableau se décroche Je monte à l’échelle de l’illusion pour le raccrocher Je remplace le Sans titre par « Sans filtre » J’ai la visite du couple Jaccottet à qui je montre mes tableaux : « expressionisme abstrait » décrète Philippe Nous sommes sur une terrasse en surplomb d’une usine Puis A.M. son épouse nous dit « J’ai du boulot » et la voilà partie vers une prairie d’herbe luisante Je rêve de mon ancien pote de l’École Normale d’Instituteurs d’Auch (Gers) On lui a « raboté le nez » qu’il avait il est vrai proéminent Je lui rappelle que j’étais le témoin de son mariage avec sa collègue F. Mais il me contredit en prétendant ne s’être jamais marié

DANS LE CŒUR DU PETIT BOIS DE PIN

Je reste longtemps dans mon petit bois de pin.

Jusqu’à pénétrer l’intérieur des arbres,

prendre leur tension, écouter battre leur cœur.

L’été j’y passe certaines nuits.

Je cherche la manière de dire l’effroi qui pèse sur leur avenir.

Moi dans le cœur du petit bois de pin

REDONNER UN PEU D’ÊTRE AU BEAU PAPIER

comme un autoportrait 6 juillet 2023

Tu repars de zéro Tu repars du néant pour faire l’essai de redonner de l’être au beau parler Tu ne fais que passer par stylo interposé ou par pinceau chinant ses caractères énigmatiques Mais aussi contrairement au dilemme shakespearien to be or not to be tu reprends le propos du maître des Essais tu peins le passage Avec légèreté et forces manières formes et mouvements Tu repars Tu fais le départ entre dire et faire faire et laisser dire Tu as deux faires au feu la parole et l’écriture le langage et la langue le vague et le divague Muse abuse ou s’abuse Tu dis stop Tu prends congé Tu lèves la main qui écrivait Tu lèves l’ancre et tu t’en vas couci couça  d’un dernier trait de plume faire ton autoportrait du 6 juillet 2023

INHUMANITÉ

INHUMANITÉ

-Comment vas-tu vieille branche ?

-Comme un arbre dans la ville en feu.

-Mais au moins toi tu n’as pas brûlé ?

-Si, mais pour l’instant ça ne se voit pas.

Mon cœur est rongé par tant d’inhumanité.

un dessin plein d’humanité don de Claude Brugeilles

(Aujourd’hui en France) je ne vois pas ce contraste entre la crise (la violence) d’un côté et la créativité de l’autre.

J’ai l’impression que c’est la crise face à la crise, la crise qui se regarde dans un miroir.

selon Carlos Fuentes