LE SANG DES CERISES

Pendant très longtemps
Je ne me suis saoulé de cerises
Que sur l’arbre perché

Les disputant aux oiseaux
Recrachant leurs noyaux
Et même, parfois, ivre
Du sang du cerisier,
Je m’y endormais
En rêvant d’une Belle
À qui je faisais deux pendants
Autour de ses fines oreilles

(je n’irai pas jusqu’à écrire
Que nous jouions à la marelle
Cerisiers roses et pommiers blancs)























DANS LA FORÊT DES MOTS

Du deux au onze juin de l’an deux mille vingt trois
J’ai marché chaque nuit dans la forêt des mots
A l’abri dans une chambre-cabane du quartier d’Hammersmith  
in London
Ce fut un grand plaisir de laisser ainsi pousser mes bois
comme des petits pois
Aujourd’hui dimanche je retourne en Provence avec mon carnet d’écriture 
dans l’avion de British Airways 
Il faudra de  retour au bercail
Éclaircir tout ça 
En souhaitant que les fumeurs invétérés 
et autres maniaques jouant avec les allumettes 
Ne mettent le feu à mes quelques arpents d’écriture 
Qui ont illuminé mon blog en aparté 
Avec ses petits  papiers
Qui ne font pas de fumée 

	

AVEC MES FORÊTS

Avec mes forêts je ne sais où donner 
Je fais bien des erreurs confondant le ginkgo
Avec des variétés d’érables 
Je le compare ainsi au cornouiller 

Avec mes forêts qui poussent en moi couci cocagne
Mes forêts de hêtres Celles du Non-Être 
Mes forêts des massacres d’Oradour sur Glane
Celles du culte du dieu Pan

Je fais bien des folies dans la forêt 
de cèdre où Gilgamesh frappe à mort son gardien
Je les traîne sur mes vers
Qui tombent un à un comme des glas
Comme mes hypnographies à l’encre de Chine

Je suis pin bénit pour les chênes 
Avec mes forêts de la fin de vie
Un rêve de vieil enfant le stylo au doigt
Je deviens l’arbre Je deviens le bois