QUELQU’UN QUI PARLE DANS LA NUIT



Quelqu’un qui parle dans la nuit
En lisant des poèmes
qu'il se donne l'illusion d'écrire
que personne par conséquent n'a jamais lus

Des poèmes à qui il voudrait faire un sort
Et qu'il donne en pâture sur sa page
aux mots fourmis aux nuages à l’oubli

On ne saura jamais se dit-il qui les écrivit
Divisé mécontent sans espoir
Ou bien Uni dans la joie en chantant

Quelqu’un (croiront ses lecteurs peut-être)
Qui voulait renouveler le monde
De sa belle Utopie

Multipliant les mots de passe :
Amont aval remous regrets
Remords râle gazouillis

Quelqu’un qui passe et disparaît
Quand tous les morts sont partis
Au grand bal des poésies

ALLONS NOUS TOUCHER LE FOND ?

En un instant dans une intuition quasi prophétique la réalité nous apparaît, nous avons touché le fond. Primo Levi (Si c’est un homme)

Estamos tocando el fondo
Gabriel Celaya (du temps de Franco)
La poesia es un arma cargada de futuro

Ça fait mal
Ça fait très mal
Les gens ordinaires vont voter en masse pour le R.N.
Le Rien et le Néant
Il y croient
Ils vont s’en mordre les doigts
Et la main toute entière
Tels les Anglais du Brexit
Mais ce sera trop tard
Bien trop tard
Kafka l’a dit Et Orwell
Primo Levi aussi

UNE MESURE POUR RIEN

UNE MESURE POUR RIEN

Une mesure pour rien, c’est le charme de ces phrases musicales en apesanteur, sans pulsations, qui me mettent en état d’oublier tout ce qui touche aux maux de la tribu.

Après ce passage musical et matinal obligé, que j’écoute en buvant le premier café, je peux à mon tour m’essayer à faire chanter la plume sur mes papiers préparés par de longues digressions sur des carnets de notes et de citations.

« Et quand personne ne me lirait », rien ne m’empêche de mêler dans mes poèmes des observations de mille petits détails venus du terrain ou des encyclopédies.

Les mesures pour rien, la rougeur soudaine sur un visage rose, un chat isabelle caché dans les roches de la passe maritime, une phrase belle comme une impro sur l’Art de la Fugue.