Au commencement Dieu créa le ciel et la terre affiche mon smartphone
ou bien Cal me Ismael l’incipit de Moby Dick
ou encore le début mythique de Cent ans de solitude :
Muchos años despues frente al peloton de fusilamiento el colonel Aureliano Buendia…
Longtemps après se trouvant devant le peloton qui allait le fusiller le colonel Aureliano Buendia…
Tout ça c’est de l’hébreu me dit à juste titre Dieu qui refuse obstinément de sortir du jeu
LE PÉRIL LEPENISTE
Doncques je t’avertis que cette mer Marine
De dangereux écueils et de bancs1 toute pleine
Cache mille périls et qu’ici bien souvent
Trumpé2 du chant pipeur du barde Bardella
Pour Macron repousser tu tomberas en fascisme
Et ta voile française tombera lamentablement
1 bancs de députés
2 Trump Le Pen même combat contre les institutions de nos démocraties
un poème écrit avec Du Bellay (Les Regrets)
PARTIR
Partir toujours partir
Partir à l’aventure
Des buveurs d’horizon
Sur le papier bavard
Sur le papier buvard
Qui atténue nos déchirures
Partir la vie voyage
La vie nouvelle
Des enfants nouveaux nés
Que l’on entoure de tendresses
Partir en sédentaire
Au pays intérieur
Où l’on écrit la nuit
Des livres hors commerce
PHRASES
« La vitesse de la lumière ne fait aucun bruit » lit on sur le livre d’un metteur en scène « Prête moi ton grand bruit Son glissement à travers l’Europe illuminée » écrit l’auteur des Poésies de A.O.Barnabouth Son chauffeur est un marquis sans le sou qui se déplace en mercedes blanche -Tes phrases manifestent ton goût pour le baroque me dit-on -Oui et puisque elles sont en partie traduites reprisées raboutées l’une à l’autre… tout est pardonné
,
J’ÉCRIS POUR ME RENDRE UTILE
J’écris
en définitive
pour me rendre
utile
J’écris
pour tâcher
d’y voir clair
et ne pas participer
au tohu bohu
actuel
J’écris
pour mettre à distance
le quelque chose noir
des électeurs de Bardella
et le quelque chose rouge
des électeurs de Mélenchon
J’écris
pour lancer des ponts
pour ne pas que les gens
se précipitent tête baissée
dans leurs convictions
J’écris
dans un temps long
prenant le temps
de dissiper la fumée
des influenceurs
qui font les opinions
J’écris
toujours en retard
me méfiant comme de la peste
de mes premières impulsions
J’écris
au cas par cas
comme font les traducteurs
des langues orientales
qui prennent en compte
la présence des étrangéités
induites par leurs idéogrammes
J’écris
méditativement
relisant avec soin
les calligrammes d’Apollinaire
avec cette nostalgie
du lien entre la forme des mots
et leur sens
J’écris et j’écrirai
un autre jour
plus avant…