LES MÉTAPHORES VIVES

Il fait plus clair ici que dans l’oeil du hibou
Et ton visage est un peu d’or qui brille au fond de la source
Trop de fleurs de rhétorique tressent des couronnes artificielles
La grande Ourse lave ses étoiles dans le Mississippi
Et les mots que j’invente sont des mendiants hagards

Ceci est un centon

1 Norge (2 juin 1898-25 octobre 1990) 2 … 3 …. 4 Robert Goffin (21 mai 1898-27 juin 1984) 5 Claude de Burine (19 septembre 1931-24 juillet 2005)

OSCILLATIONS SURRÉALISTES

OSCILLATIONS SURRÉALISTES

Le père et l’antipère
L’ami et le frère ennemi
Les petits jeux du va-et-vient
et le Grand Jeu qu’on assassine
Les cyclistes et les cyclothymiques
Le tapage et l’occultation
L’outrance et l’outre vide
L’arcane 17 et l’arcane sans nom
Les amours jaunes et l’amour libre
Les champs magnétiques
Et les chants de Maldoror
Nadja et Rrose Sélavy
La fée Éry et Fata Morgana
Le mythe et la réalité
L’émotion et les motions
Les champs magnétiques
et le révolver à cheveux blancs
La griffe du lion et le sein de la vierge
Les balises et les balisiers
L’affirmation et l’effacement
Le groupe et le mouvement
Le crépuscule des dieux
L’aurore des paroles

& contre vents et marées
L’Amour la Poésie la Liberté

CENTON

Le chapeau à la main il entra du pied droit 
Dans les grandes villes pleines de murmures
Parfois le passereau y perdait son patois
Il entra dans un bar en longueur
Tel un serpent aux roses lueurs
Flottant épave inerte au gré des flots houleux
Il prit son crayon gris sur sa table écrivit :
Je dirai Passe oh va ma vie Ne fais pas de vieux os
Et puis dit au garçon Victor apportez-moi
S'il vous plaît mon pernod

CENTON
Pièce faite de fragments d’étoffes rapiécés, si l’on veut. Ou bien l’étoffe se transforme en textes divers puisés dans les anthologies et que l’on « colle » l’un après l’autre. Des ajoutages lit-on dans les notes accompagnant les paragraphes mis bout à bout, d’une œuvre qui n’en finit pas d’être rafistolée.
C’est l’art de nous rendre heureux par l’écriture de textes faits à la main avec des mots puisés dans les mots de livres le plus souvent épuisés.

MON ÉCRIT EST DE SURFACE

MON ÉCRIT EST DE SURFACE

Il court sur le papier il sonne sur le clavier il se projette sur la toile

Mon écrit est de surface

Intuition mimesis une flûte invisible un mot pour un autre une tache de soleil noir

Mon écrit est de surface

un mur arborescent un accord de guitare désaccordée une page perdue dans un livre fermé

Mon écrit est de surface 

C’est une dédicace donnée par un auteur fictif imaginé par Borges

ou le catafalque bleu blanc rouge sur le cercueil de Paul Valéry

Ce sont les trois minutes trente-trois de silence d’une partition de John Cage

Mon écrit est de surface 

Couché par écrit chanté au studio Le Petit Mas

Projeté sur des toiles d’abstraction lyrique

posées à plat sous l’olivier de mon jardin 9 rue de la Bergeronnette

Mon écrit est de surface 

Grains de voix collés sur bandes magnétiques

Traits d’encres appliqués sur le calcaire coquillier ou la plage de Fos sur Mer

Cris du soir des martinets

Mon écrit est de surface 

Livre de sable infini

Clavier plus ou moins tempéré

Page unique qui termine sa boucle

Comme un œil qui ne veut pas se fermer

mes abstractions lyriques Dorio 28 juin 2024

comme un œil qui ne veut pas se fermer