Que de mots! Issus de maux Et merveilles Et de visages Venus d’un temps Où l’on chantait Pour un oui Pour un non Des paroles Qui s’envolent
Que de mots! De syllabes Sur le sable C’est l’été Sur la dune Sous la lune Quatre accords De guitare De Brassens De Béart
Que de maux ! Mis en mots Dans l’incendie Du temps Que nous traversons Grand brûlé Ou Phénix Avec Mallarmé Et son ptix Ou la mystérieuse Madame X.
Elle était brune Un turban noir prenant sa tête Comme deux mains gantées y fixait une aigrette Tremblante avec un petit nœud papillon d'or Et tout cela faisait très bien dans le décor
Manège qui tourna huit jours puis s'arrêta Brusquement le huitième ne laissant sur la piste Que treize chaises et les mégots de Madame X. Évanouie comme le Nil dans son delta
Roger Vitrac Énigme qu'on ne sait sur quel pied danser
Je perds les pédales devant l'horrible guerre -C'est pas juste dit un enfant Après l'Israélien c'est un Palestinien qui parle Je suisentouré d'arbres qui me regardent Je les entends me menacer Je ne sais au juste ce qu'ils me reprochent Difficile pourtant d'esquiver Mais dire la détresse comme elle est N'est pas donné à la langue de tous les jours (les motsdes tribus ennemies ajoutent de la haine au désespoir) Le nom qui donnerait un début de réponse Reste sur le bout de la langue Mais non l'œuvre picturale que je ressors soudain de ma mémoire Je l'ai vue et longuement contemplée Au temps de la Guerre du Vietnam Au Moma à New York Avant qu'elle ne revienne Au musée de la Reine Sofia À Madrid (après la mort du dictateur fasciste espagnol) -C'est pas juste disent les enfantsdes deux peuples ennemis C'est de plus en plus nous qui subissons le massacre des innocents Combien d'années maudites faudra-t-il encore passer Avant de revoir refleurir la paix l'art le petit bonheurd'Exister
Martigues vendredi 8 décembre 2023
Si personne ne dit rien je dis : le tragique c’est quand les deux ont raison.
Nous irons sûrement au bout du tragique.
Michel Chalandon
Un cumulus de violence mine toute image de son cœur sombre,
Encres vives en sourdine Autour du cou la cangue Le carcan des supplices chinois
Le rêve est abyssal Je ne sais trop qu’en faire Mais après réflexion Je livre tel quel Au lecteur de passage Ce songe d’une nuit de décembre Qui a bloqué ma tête
102 UNE PAGE -Ce n’est pas aujourd’hui que tu finiras cette page me dit l’Un. – Finir de la lire, peut-être pas, mais en commencer une, en vis-à-vis, oui. Le corps étendu, j’ai sous mes yeux « Notes de chevet », Makura no sôshi, fragments écrits vers l’an mille (« quand les cathédrales étaient blanches » !) par Sei Shônagon, une sublime dame qui écrivait en secret dans une pièce du palais de l’Empereur du Japon. Cahier d’oreiller, je préfère ce titre. Moi aussi en cette position je collectionne les choses rares, celles qui donnent une impression de froid ou de chaleur, les choses embarrassantes, celles qui ne servent plus à rien mais qui rappellent le passé, les choses agréables ou désagréables à voir, celles qui épuisent l’art de raconter. (la suite manque)Le livre d’une vie En mille et un fragments JJD texte en cours