on va bien voir
ce livre des heures
et des enluminures
les heures sombres
les heures heureuseson va déplier
les rouleaux d’écriture
de scènes féériques
et de tendres retrouvailles
on va disparaître
dans l’heure secrète
d’un fragment perduJean Jacques Dorio 21/09/2023 02 :32
J’ai assisté à la création d’Einstein on the beach en 1976 au théâtre municipal d’Avignon J’en ai épousé tous les instants hypnotiques devenant absolument un Autre…transfiguré Je regarde ce soir sur Mezzo la version 2014 au Châtelet Je l’entends directement dans mes oreilles grâce au miracle des prothèses auditives blue toot Nous sommes le mercredi 20 septembre 2023 à 21 heures Le temps est un enfant qui joue et nous répète interminablement que l’énergie E est égale à la masse m multipliée par le carré de la vitesse v
on va bien voir
une ligne qui se répète
en attente d’une suite
qui varie selon les nuits
on va bien voir
cette intrigue minimale
posée sur ce bout de papier
cette phrase et non-phrase
ce temps réinventéon voit soudain
d’autres époques où nous vivions
on voit des revenant.e.s
des paysages avec figures absenteset l’on se dit
en aparté
c’est fou ce que peut inventer
une plume en absence
Jean Jacques Dorio Martigues 20/09/2023 07 :20
Acryliques et collages 70×50 cm dorio 18 et 19/02/2017
offert à Pauline Dorio dédie à sa mère Josiane Dorio
« Fort suis dolent et regret me remordMort m’a ôté ma dame de valeurL’heur que j’avais est tourné en mal heur Mal heureux est qui n’a aucun confort » Clément Marot
on va bien voir
un harfang de l’Arctique
caché dans un vieux rêve
entre Aleph et Filigraneson va revoir
la barque sur l’Orénoque
l’ombre de l’avioneta
sur la Cordillère des Andes
l’inclination des signes
nos neiges clinamenon va jouer
au temps perdu et retrouvé
aux souvenirs modifiés
sous la dictée d’une OdysséeÉden Éden d’éternitéJean Jacques Dorio 19/09/2023 autour de minuit
on va bien voir
mais il est à craindre
que ce ne soit pas
un animal merveilleux
du temps où les bêtes parlaienton va voir
cet ami disparu
qui écrivait dans L’Homme
la revue d’anthropologie
on va voir Maleiwa
fabriquer avec de la glaise
de Goajira
un homme éleveur
et sa femme cheval
une jument fécondant les mythes
d’un Monde Autre
on a bien vu
on a bien fait parler le papier
cette nuit où Rêve
a chanté à nos oreilles
ces paroles venues
à cor et à cri
Jean Jacques Dorio 18/09/2023 01 :01