CE QUE N’EST PAS UN POÈTE

CE QUE N’EST PAS UN POÈTE (suite sans fin)

Un poète n’est pas un marteau sans maître
Un poète n’est pas un maître des horloges
Un poète n’est pas un allumeur de réverbères
mais il s’y pend parfois ridiculement (selon Mallarmé)
Un poète n’est pas un polisseur de lentilles
Un poète n’est pas un chasseur aux aguets
(un peu tout de même)
Un poète n’est pas une coulure de Jackson Pollock 
Un poète n’est pas un Illuminé qui se noie dans la flache du Sieur Rimbaud
Un poète n’est pas un petit cheval ariégeois de Mérens dessiné dans le salon noir de la grotte de Niaux
Un poète n’est pas un sourd qui parle aux muets
Un poète n’est pas un spoil à gratter
Un poète n’est ni ange ni pource
Un poète n’est pas la mère la mer toujours recommencée
Mais peut-être devrait-il
Mais peut-être devrait-elle


PLAISIR D’ÉCRIRE : un dictionnaire à part moi

PLAISIR

Plaisir d’écrire. Même pour raconter des fadaises, même pour ne parler qu’au papier de Montaigne. Mes premiers textes publiés, dans un cahier créé par quatre écrivants, s’intitulaient Papiers Hygiéniques (sic) Tout un programme. Je les avais publiés disposés « à l’italienne ».Plaisir d’entretenir sa santé par cette écriture à la main, puis, s’il me semble que ça vaut la peine, par le passage à l’épreuve du clavier. C’est un autre plaisir. Sur ma machine à écrire, tôt achetée, une Olivetti rouge, ça faisait du bruit, tac tac tac, et puis quand on fautait, c’était tout un pataquès et des débats sans fin avec le machiniste, je corrige tout de suite ? je rature ? je laisse tomber ? j’enlève la feuille et je recommence ? À la fin, je profitais des erreurs involontaires pour suivre les chemins qui ainsi, par un heureux hasard, bifurquaient. Mais ce matin, 29 mai 2020, c’est le plaisir d’écrire sur le carnet, planté dans le jardin, sous l’abricotier, assis sur la chaise basse, les pieds sur la petite table branlante. Un papillon blanc m’accompagne, puis un autre qui vient l’embêter ou s’amuser. Mes lecteurs, quand j’en ai, connaissent ce plaisir des papillons qui vont de fleurs en fleurs, de tourbillons en perte heureuse d’identité.

UN DICTIONNAIRE À PART MOI

Jean Jacques Dorio

Les Editions du Net

222  « entrées » 189 pages 16 €

pour faire vivre le livre

commandez-le chez votre libraire

ou chez l’éditeur, à la Fnac, Placedeslibraires, etc

Merci mille et une fois

JJD

PSYCHANAZOUILLIS (un dictionnaire à part moi)

PSYCHANAZOUILLIS

Jamais je n’eus l’envie de me coucher sur un divan pour raconter ma vie
C’était pourtant plutôt mode « à mon époque » comme l’on dit

Se coucher zyeux au plafond avec un type derrière soi qui ne dit mot
mais qui consent à prendre un gros billet après la séanc’ ? Non merci

Moi raconter ma vie c’était rien de pesant
mais j’aimais dialoguer et j’aimais mes parents

Et puis tout le jargon « condensations transferts »
toutes ces associations qu’aiment les psychanazouillis
je les réservais à mes poésies

Un demi-siècle après qui l’eût cru ? J’ai conservé cette manie

Je parle au papier comme au premier venu*
Et ce sont mille voix Qui me traversent la nuit

*Michel de Montaigne

Un dictionnaire à part moi 
Jean Jacques Dorio
Les Editions du Net

222  "entrées" 189 pages 16 €
commandez-le chez votre libraire
ou chez l'éditeur, à la Fnac, Placedeslibraires, etc

Merci mille et une fois
JJD

TROIS LECTEURS PREMIERS FAISANT GRANDIR LE LIVRE

Des fragments autobio-sémantiques, un abécédaire singulier où le plaisir de l'écriture ne nous quitte pas. On déambule aux détours des lettres et des mots et on découvre des alcôves lyriques, géographiques et poétiques. Prose ou poésie ? Abécédaire ou Autobiographie ? Provence ou Ariège? Tout n'est qu'hybridité pour le plus grand plaisir du lecteur.  Camille

Les mots de cet abécédaire fourmillent, papillonnent, s’éparpillent et l’on ne saurait plus où donner de la tête si ces fils n’étaient réunis dans une fantastique toile / palimpseste par ce poète mué en araignée rien moins que besogneuse. On aimerait citer ici le beau mot de passementerie qui constitue une entrée de ce dictionnaire et dit à lui seul le tissage du texte, passementerie sans menterie aucune ou alors un mentir-vrai qui ne se départit jamais de sa fraicheur. Le passé et le présent se faufilent avec grâce. André

Sous une forme originale alternant des entées en prose et en vers, le « Dictionnaire à part moi » de Jean Jacques Dorio nous offre de savoureuses tranches de vie. Son écriture malicieuse est aussi empreinte de tendresse et de nostalgie : nous passons du rire aux larmes, et le suivons avec intérêt dans toutes les étapes - parfois fort romanesques ! - de sa vie. Qui aurait cru que l’ordre alphabétique pût si bien révéler toute la complexité d’une existence ? Pauline




POCHE (un dictionnaire à part moi)

POCHE 

Dans ma poche il y a de petits morceaux d’argile de la Goajira Une indienne au visage peint en noir nous fit ces petites formes à tête d’oiseau Sans mains sans pieds Mais avec une assise callipyge

Il y a aussi ces fragments d’os de seiche recueillis sur notre plage de Fos que j’ai recouverts de signes que tu appelais mes chinoiseries et que j’ai baptisées hypnographies

Il y a tes dernières paroles que tu m’écrivis les yeux humides sur le canapé un matin de ce printemps maudit

Il y a tout ce que je suis en train de rassembler pour te reconstruire Et qui m’échappe à jamais

Dans ma poche Sur ma page Dans ma tête ouverte à tous les sens Et qui brise les cadres de ce pauvre petit texte Sans voix Sans toi

Une entrée sur 222 d’un dictionnaire à part moi

à commander chez son libraire ou à se procurer sur le site de l’éditeur

https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-dictionnaire-part-moi

Vénus Goajira qui me fut donnée en 1970 posée sur mes hypnographies

CORONA (un dictionnaire à part moi)

CORONA

Depuis le Corona personne plus je ne côtoie, plus de supermarchés, plus de balades sur ma plage préférée, plus de poste où je vais peser mon courrier. Ma fille vivant sur la colline voisine me fournit en fruits et légumes qui viennent de paysans de Croix Sainte – un quartier des Martigues –, en daurades et en loups qu’ont apportés les pêcheurs des « petits métiers », en bonnes miches du boulanger.

Ma fille de New-York où frappe la pandémie me raconte ses cours où s’affichent ses élèves du Lycée Français. Le ouikend on joue ensemble au scrabble sur une application qui compte les points et les secondes, micros ouverts nous devisons de ses travaux sur les épistoliers du XVIe, de mes poèmes en construction et j’entends toujours au moins une fois les sirènes des pompiers de Manhattan. 

C’est bien d’avoir des filles, à qui l’on a « donné », Alain Caillé appelle ça très justement : extensions du domaine du don. Et pour le reste alors pendant le Corona, le reste ?

la suite se lit sur Un dictionnaire à part moi

https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-dictionnaire-part-moi