Tout bouge et fuit Tout se meut puis meurt Tout fait mouvement Même sans que tu bouges Lisant les récits D’Homère d’Ovide de Wang Wei De Borges ou de Tabucchi Quand évitant des questions Dont tu ne sais que dire Tu laisses le jour couler Dans un dolce farniente Le temps de te reprendre De te sentir capable De ranimer la flamme D’un poème inconnu
TOUS CES MORTS INUTILES
Tous ces morts inutiles t’affaiblissent, car tu as part à l’Humanité entière.
Aussi n’envoie personne demander pour qui sonne le glas.
Car il sonne pour toi.
John Donne
Ça fait de plus en plus mal au ventre d’assister impuissant au massacre des Innocents sur la terre d’Ukraine,
De voir les gares, les théâtres, les écoles, les maisons et bâtiments, explosés par les missiles russes,
D’entendre les boniments du dictateur sanguinaire qui dans son bredouillement ubuesque se lave les mains de tout ce sang versé en vain.
Ça fait toujours mal au cœur. Mais c’est terrible, on s’habitue, on décroche, on voudrait tant qu’avec ce malheureux peuple martyrisé, on puisse passer à autre chose…
OBSÉDÉ TEXTUEL
J’ai fait plusieurs esquisses d’un texte qui toujours s’esquive
Comme un coup de poing qui emmêle les branches de ma vieille machine à écrire
Mais -pour le dire vite, en blaguant – j’appartiens à la famille des obsédés textuels
Si bien que je n’abandonne cette esquisse qu’en me disant qu’elle prendra forme un jour
Coup de poing Coup de dés
Au hasard Balthazar !
GRAPHISMES

L’INTUITION DE L’INSTANT
Mi nombre es alguien y cualquiera Je suis quelqu’un et n’importe qui Je suis l’enfant qui lance sa boite de sardine comme un petit bateau dans le ruisselet Je suis l’éphémère acteur d’une nouvelle de Jean Giono Jofroi de la Maussan Je suis Christophe Colomb voyant des indiens vivant sur pilotis dans le golfe de Paria qu’il nomma Venezuela (petite Venise) Je suis les barricades mystérieuses pièce de sixième ordre en si bémol composée sur le clavecin de François Couperin Je suis ce cairn éphémère dressé hier sur l’oppidum des Tamaris Je suis cet instant de vie sans futur ni passé Le titre est de Gaston Bachelard
