J’ai fait ci j’ai fait ça Mais jamais je ne dirai J’ai fait Venise ou Caracas J’ai fait (à ce jour) 5500 poèmes Postés sur poésie mode d’emploi Mais jamais je n’écrirai J’ai fait Bélize ou Madras J’ai fait bien des bêtises Et bien d’actes manqués J’ai fait bien des poèmes Illisibles et ratés Mais jamais je ne me vanterai D’avoir fait la Chine Ushuaïa Ou je-ne-sais-quoi
LES MOTS CRUS
J’te dis salope
Tu m’dis fumier
Léo Ferré
La langue française
Les mots crus – dans les deux sens – ne m’attirent plus guère
Je pourrais bien sûr les rappeler à l’ordre puisant dans Rabelais & Consort
Ou chez toutes sortes de curés
Ma mère qui pourtant n’était ni catho ni connaisseuse de langue verte disait Putain de moine !
Je n’ai jamais su d’où elle avait hérité ce tour-la
Et mon père ne possédait qu’un juron mais qu’il destinait à ses bêtes le soir de préférence après une journée de dur labeur
Milodïous de rémilodïous leur criait-il
(traduire son occitan affaiblirait en l’occurrence ce qui reste de Dieu)
Un certain philosophe usant parfois de son marteau avait déclaré le collecteur de prépuces (Joyce) mort et enterré
Sur les murs de Mai 68 un quidam lui retourna le compliment
(lire le texte d’hier posté sur ce blog)
Bon assez biaisé
J’arrête ici ma prose
M. à celui qui la lira
première septembre à la fenêtre

premier septembre à la fenêtre du premier étage
3 mésanges vont d’un amandier à l’autre
libellule immobile posée sur une branche de l’abricotier
vent léger faisant vaciller la torchère de Lavéra
(sud sud-est)
2 bateaux à la coque rouge attendent d’être déchargés
Soul of Things de Thomasz Stanko à la trompette
(fip jazz)
PHONAISONS FENAISONS
Quand on a souffert sur un texte-poème qui se faisant sans cesse se défaisait, c’est un vrai plaisir de s’abandonner à la voix qui lève, tel un vent léger qui accouche de ses phonèmes.
Phonaisons, fenaisons, corps à cœur sans histoires à s’aimer debout, à semer le doute sur nos arguments, à ôter d’Argus les mille zyeux (un à un).
Théorèmes, théorimes, Dieu est mort (signé Nietzsche), Nietzsche est mort (signé Dieu).
Tu rupines, tu phosphores, eurékâtes ton Écate, tu files la métaphore, mets à la voile la métonymie.
Tu m’étonnes, tu me dis : Ôte-toi de mon soleil !
Je te demande : Ton thé a-t-il ôté ta toux ?
On se tait (d’oreiller).
MES LECTEURS SONT MUETS
Mes lecteurs sont muets Muettes mes lectrices C’est dommage Si leurs oreilles transformaient mes mots en leurs murmures personnels Ça nous ferait un peu de grain à moudre en commun On ferait ensemble des barcarolles à trois temps Embarqués dans cette douce caravelle Évoquée par Michaux Mais mes lecteurs se contentent d’un « j’aime » Ou d’enregistrer en douce Chansons ou poèmes dits Postés ici Ainsi plupart du temps Bien que leur écriture Soit ouverte à la multiplicité des sens Poèmes passent et puis se perdent Nonobstant qu’ils disent avec Villon J’en appelle...

