Estos días azules y el sol de la infancia
Antonio Machado
Ces jours d’azur et le soleil de l’enfancePoèmes ce matin
Sont ces présents
Dans l’œilBois de pins
Palmiers
Mistral légerEt ce ciel bleu
Qui tant exaspère
Les poètes nuageux
Un tout petit coin, de la côte vénézuélienne, où je fus hébergé par un Uruguayen et sa femme Vénèze.
Ils avaient un beau berger allemand, une chienne qu’ils appelaient Mata.
Je relis mes notes d’un cahier que je vais jeter.
J’y ai passé une petite semaine de vacances, avant de reprendre mes cours de français à Caracas.
J’ai admiré des heures durant messieurs et dames Pélicans, qui plongeaient à la verticale de leur bec,
et mettaient le poisson dans leur poche.
Je retrouve la liste des livres emportés, Balzac Les Paysans,que je ne me souviens pas avoir lu, du Char en poésie, le manifeste de Breton et Spectacles de Prévert.
De mes griffonnages, il reste un poème intitulé Furor.
Je l’ai publié « tel quel » dans mon recueil publié chez Oswald, en 1975.
Et l’artiste Claude Brugeilles qui était alors mon ami, en a fait un « graphisme »,
une nuit au moulin de Jézeau, que j’habitais alors, près d’un torrent et de sa roue à aubes.
Nous sommes faits de poussières d’étoiles, une part infime du Cosmos, et l’on voudrait que chaque humain vantât son moi ? Moi moi…et les petits oiseaux disait ma mère l’Oye : suite de piano à quatre mains de Momo Ravel dédié à Jean et Mimi les enfants de ses amis Godebski Lui le musicien célibataire dont la descendance ne nécessita aucun acte de notaire mais des partitions dont l’exécution par musiciens et musiciennes interposés nous plongent en quelque sorte dans l’éternité, le temps du boléro, de la pavane pour une infante défunte, de Daphnis et Chloé Poussières d’étoiles nous voilà miroirs l’esprit zazen qui ne sait rien et ne repousse rien Nous voilà pinceau fait de poils de renard, de martre ou de crin de cheval Griffe du râteau sur le sable vierge Une constellation froide d’oubli et de désuétude lance l’inventeur du Coup de dés lancés sur quelque surface vacante et supérieure Nous voyons la page blanche au papier de riz, la partition réglée ou calligrammée, la plage sous les pavés, les friches des Bouffes du Nord devenues scène d’un théâtre inventif…le heurt successif, sidéralement…poursuit ce Mallarmé homme-livre, veillant, doutant, roulant ses petits cubes de hasard, reliant pêle-mêle les rouages de l’atome aux expériences de sa vie lancée dans des circonstances éternelles…
Abécédaire Accrochez-vous Béquets où nichent les notes qui ont débordé le cahier n° 22, Cellules grises et roses un peu, Des pages blanches attendant sur l’AIRE leurs 26 graines d’alphabet
A arpents du bon dieu des livres pieux B bon sens du penseur du Cogito C Caillette le bouffon qui fait avec Triboulet la paire, D défrichement, déchiffrement E Empédocle le philosophe dont on retrouva les pantoufles devant le trou de l’Etna F Fortune faisant tourner la roue d’un arcane majeur du Tarot de Marseille, G graisse d’oie du Gers où l’on conserve les rognons confits H la grande H de l’Histoire I ou le principe d’Incertitude qu’il faut féconder par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens 1 J pour Jésus Christ enfant initié au mystère de ehyeh asher ehyeh 2 K le K de Dino Buzzati que le narrateur de cet abécédaire fit lire à des générations de collégiens aventureux L comme L’Histoire de l’Éternité3 M le Maudit de Fritz Lang à ne pas confondre avec l’inventeur de la fête de la musique Jack Lang N La Nostalgie du présent 4 O Ô rage ô désespoir ô vieillesse ennemie 5 P Putain de moine disait ma mère Q que l’on prononçait « que long »à l’école de mon village R Rêveur lucide et dormeur éveillé S Serpent caché au Jardin des Délices T après le Temps perdu le Temps retrouvé 6 U Oh U oh U oh Ursule Pour toi d’amour mon cœur brûle V Vois, le soleil poudroie toujours à quelque trou 7 W W ou le souvenir d’enfance 8 X l’eXcès, l’eXtase parcourant les toiles de Jheronymus Van Haken alias Jérôme Bosch Y le Yin et le Yang, l’eau et le feu, la matière et la manière, Z Z’ède toujours les étrangers à voyager dans les apories de mon Abécédaire
1 Rimbaud « lettre du Voyant) 2 Je suis ce que je suis 3 Borges 4 JJ Dorio Encres Vives 2017 5 Don Diègue (le papa de Chimène) 6 Proust 7 Verlaine 8 Perec
Cette rue qui longeait la rivière
Je ne l’emprunterai plus
Et la porte de ma maison d’enfance
Que nécessité me força à mettre en vente
N’est plus qu'un panneau de bois dur
Fermé pour moi à jamaisMais je laisse là les souvenirs sans suiteJ’ouvre la fenêtre et laisse entrer quelques instants
la fraîcheur sur la passe maritime
d’une première nuit de septembreUn poème nouveau m’attend
dans la discontinuité essentielle
et son essai de recompositionL'éclair d’un geste
Qui ouvre sans le vouloir
La porte de ce poème
Comme un éventail