Un quart d’heure avant minuit pour poser ton poème du jour
Ce n’est pas jouable
Mais si petit
Ne t’inquiète pas
Personne n’y verra que du feu
Et de toute manière seul le cachet du post fait foi
Je poste chaque jour donc je suis
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Un quart d’heure avant minuit pour poser ton poème du jour
Ce n’est pas jouable
Mais si petit
Ne t’inquiète pas
Personne n’y verra que du feu
Et de toute manière seul le cachet du post fait foi
Je poste chaque jour donc je suis
Alice est repartie dans l’avion du soir pour Copenhague mais je lui offre ce dernier poème d’une série conçue pour elle ce mois d’août 2025
.
Un papillon vole en mon cœur
C’est un monarque orange et noir
.
Du second j’ai fait une chanson
C’est un morio presque un Dorio
.
Le troisième le plus étrange
Je ne sais pas si je l’ai rêvé
Ou si c’est lui qui m’a rêvé
.
Papillon de mon palpitant
Papillon de ma chanson de nuit
Papillon d’un certain
Tchouang Tseu
.
Trois papillons de fantaisie
Légers fragiles
Pour nous guérir
Des guerres
Et des mauvais génies
Les lignes s’accumulent
dans le sacré dormeur
qui fait don à la poésie
d’un sonnet boiteux
.
C’est à Londres qui fume et crie
et c’est dans un estaminet de la Pampa
où roulent ivres morts
quatre gauchos perdus
.
Retour aux nuits des poètes maudits
Faisant éclore leurs fleurs artificielles
à Montparnasse ou dans le livre
des Égarés d’un monde d’avant-guerre
Le poème trébuche une dernière fois
Puis se repose Ni vers ni prose
Je profite de la petite pluie de ce 20 août pour, loin des plages redondantes, voler quelques images fortuites à Quevedo
Trois sonnets dans la langue mère
Las de la carrière des ans passés
Vaincue par l’âge mon épée
Bref rien qui ne fut recuerdo
De la muerte la mort la mort
Toujours recommencée
.
Mais au-delà il y a l’amour
Cette mémoire d’un corps ardent
La nage d’une flamme
Dans l’eau glacée
Nadar sabe mi llama la agua fria
.
Tout les amoureux de poésie
Devraient connaître ces desux derniers vers :
( esprit, veines, moelle) deviendront cendres
Poudre seront mais poudre empreinte
d’amour
Polvo seràn mas polvo enamorado
Pour Alice
.
Sous les pavés
La plage
Sous la page
Posée sur le bureau
D’acajou
On voit
Des brouillons de poèmes
Et une boîte de cachous
Lajaunie
De grand-père JJ
.
Alice lui a dit
Merci cent mille fois
Des millions de fois
Pour tes mots
Qui me soulèvent
Et apportent de la poésie
Dans ma vie