LA POÉSIE

Quelquefois je ripe

D’autres fois je drope

Je lutte hop hop hop

Contre la langue morte

Des romances sans tripe

.

La poésie laissez-moi rire

Elle est passée dans la poêle à frire

Des ragots sociaux

Méchants et sans envergure

.

Quelquefois je la drope

Et je rebondis

Vers la voûte d’étoiles

Où flambe la beauté

L’espoir à l’ancre ripe

Sur l’inconnaissance

TROIS ARTICLES GRIGNOTÉS DANS LA NUIT


TU GRIGNOTES DANS LA NUIT
ce biscuit inactuel que l’on appelle encor – semble-t-il ? – un poème Avec la craie qui le traça sur le tableau noir de l’enfance Avec le stylo feutre bleu qui enjambe les ponts et les refrains présents Avec tes doigts de vieux copiste aimant les lettres illuminées salle des poèmes perdus
TU TE PERDS DANS DES PAGES
si bien qu’entre deux sommes, le livre rouvert semble être un autre roman. Rien vraiment de rassurant. Tu vas faire une lettre dès demain à l’Éditeur en le priant de la transmettre à l’Auteur, qui en sera ravi ou marri. À moins que ce soit l’Imprimeur qui ait assemblé ton exemplaire de manière aléatoire. En attendant, vaille que vaille, tu te dis qu’après tout, ce désordre-là, est un pas ouvert à l’esprit.
Mis en abyme, ton roman prend les couleurs d’une expérience participative. Et te voilà, lecteur libéré, dialoguant, interpellant les personnages, qui semble-t-il n’en font qu’à leur tête. Tu interviens carrément dans leur conversation, l’action, et même tu y vas de ton flux ininterrompu qui en de longues phrases sinueuses entretient la sous-conversation d’un monologue intérieur. Une page perdue, dix de retrouvées.
UN ROUGE GORGE SE BALANCE
sur le frêle grenadier qui porte ses quatre fruits vernissés et ses dernières feuilles jaunes tremblantes au vent de Toussaint. Tout en observant l’oiseau remuant derrière la porte-fenêtre du salon j’improvise une ballade sur mon piano du pauvre mais en sourdine pour ne pas faire fuir le familier. Passe passe passereau Aux morts ne jetons pas la pierre Passe passe mon pierrot Tic tic tic tsuiit La vie est un mystère.

ALICE AU BOIS DE PINS

Encore un petit poème pour Alice

Je l’ai imaginé sous les pins

Où nous promenons ce mois d’août

chaque matin

.

Pimpon pimpon

Voilà le camion de messieurs les pompiers

Qui viennent surveiller le lieu boisé

.

Pas de fumée suspecte

Et pas de feu

Tout va bien

Me dit Alice

Un panier de malices

Sous son bras

On peut continuer la balade

Des baladins

Qui aiment traverser

Le petit bois de pins

.

Aux Martigues 16 août 2025

CONTRE LES MAUX

Contre les maux

Je joue les mots

Les mots lyriques

Les mots épiques

Je joue les mots

D’une nouvelle rhétorique

.

Contre les maux

Je joue les mots

Cris du Tambour

Qui brisent les verres

Vers de Rambour

Mon ami poète

.

Contre les mots

Et les souffrances

Je joue les sons

De délivrance

J’enfourche Dada

Et ses images

Les mots d’Alice

Et le non-sense

.

Contre les mots convenus

De la tribu

Je joue les mots

D’un Art poétique

dit Verlaine l’indécis

Au précis se joint

.

Là où s’arrêtent les maux

Commence la musique

Des mots

La colombe de la paix

Et les jets d’eau

Des fêtes du langage

Lents gages

De bibelots abolis

Et de cadavres exquis

Danse joyeuse de la  Poésie