UNE RIME ÉQUIVOQUÉE





On peut se tromper

-d’ailleurs on se trompe-

Les provençaux disent

« Je me suis manqué »

Et les madrilènes

« Me he equivocado »





Une équivoque dans la rue :

Pardonnez-moi

Je vous avais pris

pour un un.e autre





Une équivoque dans la vue

Et l’ange a perdu ses ailes

Comme c’est étrange dit Prévert

Le prince des mensonges





Et le prince dément, songe,

À cette rime équivoquée.

LE POÈTE ET LA MÉTHODE COUÉ

UN DICTIONNAIRE À PART SOI (suite)


POÈTE

Au moins ma totale absence de présence, si je puis dire, en ces lieux de promotions littéraires, salons, librairies, signatures, m’aura évité « le ridicule d’être poète ». -Mais assez parlé de moi, parlons un peu de vous, comment avez-vous aimé mon dernier recueil de poèmes ? (ceci est un pastiche)

COUÉ

Beaucoup connaissent sa méthode et la joyeuse bande de Ray Ventura la promeut : Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux !

On attend un certain Alfred Capus, qui jette un froid : Dans la vie tout s’arrange, mais mal. »

INVERSIONS

Les chiens passent la caravane aboie

(à compléter)

ÉCRITURE

La mienne procède plus d’une attention que d’une intention. (je reprends à mon compte cette formule que je viens de découvrir 24/04/2020). Mais il y a un troisième terme, mis en jeu, c’est l’impulsion. Ce qui pousse soudain en soi, à prendre la plume et à commencer. Un mot, une ligne. On se jette à l’eau. Il arrive que l’on atteigne la rive opposée ou que l’on se noie en route. Mais ceci est une autre histoire.

SE CONTREDIRE

Une fois, une seule, je ne sais pas bien en quelles circonstances, mais en nos années de feu « autour de Mai68 », ça avait avoir forcément avec la politique, je me souviens d’un participant qui nous donnait ses conseils en tant qu’avocat. Il m’avait dit après une de mes prises de parole, parfois c’était long puisqu’il était interdit de couper la chique au parleur, c’est fascinant ta manière d’affirmer une chose au début et, par petites touches, presque son contraire à la fin. Presque ?

LA TERRE

(à suivre)

IMAGIER

mola du héron
indiennes Kuna
TABLEAUX KUNA
Michel Perrin

CHOSIER : je rencontre le mot pour la première fois soixante-dix ans après que j’ai appris à lire et ça me fait tout chose.

MERDIER : je me souviens du merdier occidental, une expression issue de la pensée anticoloniale de Mai 68.

PLUMIER : assis sur le banc de nos pupitres, notre première action, avant les livres et cahiers, consistait à sortir notre plumier et d’en retirer le porte-plume, plum plum tralala.

IMAGIER : j’ai acheté le livre de dimension modeste naguère au musée des arts premiers ; l’on y voit des photos de bois sculptés, d’instruments de musique, des masques et des broderies d’indiennes Kuna offertes par l’ethnologue Michel Perrin. Et à côté des images, l’air de rien, on peut lire la citation d’une chamane goajiro, d’un chinois cherchant la voie,  de Paz, de Klee et d’anonymes inspirés : tout art est agitation et non description.  

SABLIER : chacun le sien, mais à la fin, c’est un autre qui le retournera.

DONNER DE LA FICTION À LA RÉALITÉ

UN DICTIONNAIRE À PART SOI





CHOIX

Si je devais choisir entre La flagellation de Piero (della Francesca) et Guernica de Picasso (Pablo Ruiz), il n’y aurait pas photo. Seule la première œuvre pourrait entrer dans mon deux pièces.

CLIGNOTANT

Je lis sur mon livre actuel de chevet qu’un moniteur d’auto-école hurlait à son élève à chaque tournant « la flèche monsieur, la flèche ! ». Je me souviens alors que cette flèche ou plutôt le clignotant fut cause de mon échec, le seul il est vrai, à obtenir « mon permis. » C’était dans la bonne ville d’Auch, où je vécus trois ans à l’école normale d’instituteurs. L’examinateur me fit arrêter sur un espace à ma droite, mais quand je redémarrai, j’oubliai tout bonnement, mon clignotant du côté droit. Comble d’ironie, l’auteur du passage du livre qui m’a rappelé ce récit, ajoute que dans ces années-là, « La Flèche » était un « journal de gauche, mais intelligent » (sic).

RETROUVER

À la gare Saint Lazare, « salle des pas perdus », j’ai retrouvé l’exemplaire de la Recherche, que je croyais avoir égaré dans la cour de la Sorbonne. C’est ce qu’un critique littéraire fort connu aurait appelé « donner de la fiction à la réalité ».

PIANO

Je m’y mets chaque jour, et plutôt deux fois qu’une. À proprement parler, je ne sais pas lire la musique. Mais je sais plaquer les accords des chansons, ou de petites pièces jazzy, que j’ai transposés à partir de ceux appris sur ma guitare. J’improvise, je fais plus ou moins de bruit, et ne casse les oreilles de personne, les photos qui m’entourent faisant seules office de spectateurs. Mais je prends du plaisir et grâce à Philippe Bruguière, du Petit Mas, j’ai pu faire le saut de mon piano à son studio, et enregistrer trois cd signés Jean Jacques Dorio.

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