UN PEU DE MER





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Un peu de mer ma bonne mère

Un peu de mer serpent de mer

Un peu de mer d’herbe marine

Un peu de mer posidonies





Un peu de mer tout est réel

Un peu de mer avec ma mie

Un peu de mer à Fos sur Mer

Un peu de mer où l’on nageait





Un peu de mer tout nus aux Lecques

Un peu de mer dans les Calanques

Un peu de mer soupe de poissons

Un peu de mer à Sugiteon





Un peu de mer imaginaire

Un peu de mer dans l’encrier

Un peu de mer de l’Odyssée

La mer la mer toujours recommencée !









les lecteurs de poésie qui hélas se raréfient

auront reconnu le dernier vers du Cimetière marin   

28/03/2020

05h25

LETTRE PRENANT LE CHEMIN SÛR DEVERS LE BON CLÉMENT MON FRÈRE





Lettre mal faite et mal écrite

Vole de par cet écrivant

Vers le plus noble Clément

Qui cinq siècles après est vivant





Pour Clément Marot

Et Pauline Dorio

dont le livre

« La plume en l’absence »

« Le devenir familier

de l’épître en vers »

Paraîtra

Quand Seigneur Corona

Le permettra





Tu es né à la fin du XV°

et moi à la mitan du siècle XX

Ça nous fait une belle trotte de différence

Et pourtant me voilà t’écrivant d’accointance

Toi le non pareil des mieux disant en vers

Moi que l’époque ou peut-être le non talent

A relégué aux portes de la N.R.*





Mais ami Marot tu ne peux pas savoir

Comment seul dans ma couche

Je suis heureux

De lâcher ainsi la bride à ma plume

Allant me répétant :





Tu es le seul vivant asteure

À tenir la gageure

de t’adresser à Maître Clément





Ainsi s’avance cette épître écrite sans trop d’égard

Aux règles que tu inventas peu à peu

Passant du courtisan aux lettres familières

« Au Roy des François pour le délivrer de prison »

« Aux dames de Paris » « À ton ami Lyon »





Je t’écris de Provence

Pays béni des troubadours

Où le cœur en ballade

D’un mot l’on fait cent**





J’avance sur ma nef fragile et je rame

Étonné amusé libre de toute demande

Aux princes de ce temps

Qui règnent sur les Lettres

Prises dans les glaces de l’unique roman

Poèmes et poésie ils s’en fichent les bougres

Toi ce fut au contraire des demandes sans fin

« Faute de pécune » mais jamais au grand jamais

Tu ne te permis de quémander

En tordant le bâton du déshonneur





Ton père il est vrai t’initia aux subtilités

Du bon rhétoricien qui savait composer

C’était son ars nova dont tu feras tremplin

Pour t’en aller créant tes nouveautés

Sonnets églogues épigrammes

Et tes épîtres que ma fille Pauline

Connaît sur le bout de ses dix doigts









Mais foin du catalogue sérieux que tu connais

Ce qui me plaît encor et qui n’a pas bougé

Ce sont tes engouements badinages étrennes

De mots plaisants gaillards facétieux

Tout ce qui hérissait cagots et sorbonnagres

Qui te le firent durement payé





Tu mourus en exil pour n’être pas brûlé

Mais le cœur mis à nu tu sus tenir le cap

Le cap que dis-le le timon

Ta main ouverte sur Amour

Ton guide sûr

dans la fête ou la défaite

Et en tes batailles exaltées

pour Justice et pour Paix









J’arrête là ma louange

Pardonne- moi pour cette trop longue  laisse

Pleine de prose et de maladresses

Mais avant que je ne te perde

Je vais encor te citer

Bien écrirai encor autre chose

Mais mieux me vaut rendre ma lettre close

Close peut-être mais toujours à réinventer





Ainsi merci

Et mille fois te remercie

D’avoir permis à Dorio

Humble facteur ès lettres et mots

De poursuivre à sa manière

Rimailles et ce blason éternel du bon Marot

            La mort n’y mord





L’amour y garde son mystère   

Voilà pourquoi cet écrit je t’adresse









*Non Reconnaissance

** « Eu m’o escount en rizen

E’n deman per un mot cent »

Peire Vidal

Je t’écoute en riant

Et d’un mot j’en fais cent

JJ Dorio dont la maman naquit Vidal





Martigues 30 mars 2020

CECI N’EST PAS UN MESSAGE AUTOMATIQUE





Je m’éveille d’un rêve sombre, qui sombre aussitôt sous ma plume.

Ceci n’est pas un message automatique.

Pourquoi le public a-t-il refermé la parole vitale venue d’hypnose

du fond de nos nuits ?

Parce qu’il préfère la monnaie de singe de la littérature.

Mais il y a d’autres hypothèses.

À toi dernière lectrice fondue dans l’empire des signes,

d’en faire le tri.

Le lecteur est tricheur désormais, tirant les fausses cartes de sa manche.

Je m’éveille d’un rêve lumineux qui aussitôt prolifère sous ma plume.





lundi 30 mars 2020

UN PEU DE TERRE

4

Un peu de terre sur le cercueil

Un peu de terre sur le sapin

Un peu de terre épicéa

Un peu de terre et puis ça va





Un peu de terre pour la campagne

Un peu de terre pour sa compagne

Un peu de terre sur ton chemin

Un peu de terre donne-moi la main





Un peu de terre au bal champêtre

Un peu de terre valse et toupie

Un peu de terre fox trot matchiche

Un peu de terre l’homme est d’argile





Un peu de terre fourmi cigale

Un peu de terre vers à deux balles

Pour la morale

Faudra attendre Encore un peu

Dit le poète in fine

(il n’a pas osé écrire confiné)





28/03/2020

02h44

UN PEU D’OR





3

Un peu d’or puisé par les orpailleurs

Un peu d’or dans le cœur de Félicité

Un peu d’or dans les plumes du paradisier

Un peu d’or sur les lettres du cimetière





Un peu d’or pour les temps incertains

Un peu d’or sur la syntaxe en fête

Un peu d’or pour l’homme des cavernes

Un peu d’or pour le Covid 19





Un peu d’or pour Poisson soluble

Un peu d’or avec des cors aux pieds

Un peu d’or ô mort vieux capitaine

Un peu d’or sous les doigts de Morphée





Un peu d’or le cri de la Nature

Un peu d’or pour le don des fées

Un peu d’or des pieds à la tête





Un peu d’or entre la mer des Crises

Et celle de la Sérénité





28/03/2020

C’est Dorio qui l’a fait

 Mais Queneau lui a soufflé

les deux derniers vers








7 POÈMES DE MAINTENANT LE CORPS AU NAGUÈRE
 
 
Que ton vers soit la bonne aventure
Éparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym...
Et tout le reste est littérature.
 
Paul Verlaine
JADIS ET NAGUÈRE