DES POÈMES POUR NOS NUITS

 

" Le poème, c’est ça pour moi :
c’est celui qui est le malade
et le docteur en même temps."

paroles d’un « poète » anonyme


 
Souvent pour m’endormir je déroule des poèmes
Je les connais par cœur les compte sur mes doigts
Ou bien – pareil au même – j’invente un vers puis l’autre
C’est purement mental C’est ce que vous voudrez
 
Lecteurs qui craignez l’insomnie comme l’orage
Ô rage ô désespoir ô vos viles insomnies !
Convoquez la mémoire d’un poème ami
Murmurez inventez ces mensonges aimables
Qui réparent nos jours et enjambent nos nuits
 
les figures blanc sur noir ont été réalisées le 16/05/2018
dans un train qui me menait de New York à Montréal
c’est une autre manière de réparer nos maux
par un autre moyen
que les mots d’un poème


PLANCHES DU PALIMPSESTE

 


Que tu sois environné par le chant d’une lampe ou par la voix de la tempête,
par le souffle du soir ou le gémissement de la mer,
toujours veille derrière toi une vaste mélodie, tissée de mille voix,
où de temps à autre seulement ton solo trouve place.
Rilke
 
la voix du silence
la voie du menuisier faisant sa planche
la planche du palimpseste
qu’il faut chaque jour raboter
 
la voix de la mémoire
la voie d’eau et de feu
sur ce papier sépia qui flotte
entre oubli et nouveauté
manuscrit
sur fond labyrinthique
jj dorio

POÈTE JE NE LE DIS JAMAIS

« Nous, les Suprêmes Poëtes, qui vénérons les Dieux et qui n’y croyons pas ».

Verlaine





Poète, je ne le dis jamais. Ne me demandez pas pourquoi.

Un poème, avec ou sans les dieux, « je l’écris, il s’écrit, il m’écrit »,

comme disait joliment Claude Simon de ses livres.

Je l’écris, à la main, à ma main, à mon rythme,

selon les régimes déployés par mon activité.

Il s’écrit, dans le calme ou la fureur, la clarté ou le mystère. etc.

Il m’écrit, me forme et me déforme,

ajoute quelques pièces au puzzle de mon identité.

Mais poète, je ne le dis jamais.





(texte en cours)

J’ÉCRIS COMME PERSONNE





J’écris comme personne

Debout sur la commode





Personne ne me lit

Mes feuillets une fois écrits

Sont enfouis dans une malle





Je les signe de personnes

Qui une nuit d’extase

Ont pris possession de moi :





Alberto Caeiro le gardeur de troupeaux

Ricardo Reis un de ses disciples

arraché à son faux paganisme

Et Alvaro de Campos un troisième insensé

Qui s’emparant de ma machine à écrire

a écrit L’Ode triomphale

sans interruption ni correction





J’écris comme personne

Pessoa est mon autre nom






dessin de fond
JJD