Mots de poètes qu’on ne lit plus :
les frondaisons
l’ache
les philtres d’amour
l’épilobe en fleurs
le serpolet
Quant au bonheur :
Il a filé !*
* Paul Fort
Le prince des Poètes
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Mots de poètes qu’on ne lit plus :
les frondaisons
l’ache
les philtres d’amour
l’épilobe en fleurs
le serpolet
Quant au bonheur :
Il a filé !*
* Paul Fort
Le prince des Poètes
Marianne Renoir Anna Karina Jean Luc Godard
Demandez le programme de Pierrot le Fou
Du peintre Auguste Renoir et de son fils Jean
Qui tourna Nana (1926) Bovary (1933) Toni (1935)
Qui se passe pendant la construction du pont
de chemin de fer qui enjambe le chenal de Caronte
aux Martigues où l’inconnu qui prose ces lignes habite
C’est fou d’écrire ça non ? « C’est bien plus fou que ça »
dit une autre Marianne Renoir à Octave Milton
qui s’empresse de le transférer par conversion numérique
à son ancienne amante amie mentor Livia Colangeli*
Mais foin de Cinéma et de Littérature (tout le reste)
La cavalerie de l’armée du vers**
Passe et repasse sur ma page
Cette énergie engendrée par le rythme
et la rime de mille ans de poésie française
que plus personne à présent réellement ne lit
Personne pourtant ce n’est pas rien
C’est le héros de l’Odyssée
Complètement timbré
De vouloir revoir sa Pénélope Renoir
Après la Guerre de Troie
(Au fait a-t-elle bien eu lieu ?)
Et « personne » c’est le masque du Covid
notre actuelle tragicomédie
« Per Sonare » croit-on en vain
la fin de la pandémie
(à suivre)
*Lise Charles (La demoiselle à cœur ouvert) 2020
*Jacques Réda (Quel avenir pour la cavalerie ?
Une histoire naturelle du vers français) 2019
Sale temps pour grenadiers et voltigeurs de vers
Grenadiers ?
Ceux et celles qui dégoupillèrent la parole
sur les murs de Mai 68 :
Je suis un minoritaire né. Les plus forts, je suis contre.
Voltigeurs ?
De nos affects et de nos émotions, mises en mots,
mis en maux, avec tous les charmes voués à la forme.
Du vers ?
Toujours en mouvement,
si l’on ne veut pas qu’il nous étouffe,
mais jamais ignorant nos phares dans la nuit,
de Marot à Hugo, de Verlaine à Valéry.
Ainsi du sale temps je n’en ai cure
Et du vers je parcours son champ illimité.
(Oublions ces deux vers empreints de gravité)
Sous les pavés ma plage, de sable et de graviers,
Il n’y a pas d’avant-garde, il n’y a que des gens en retard.
italiques Jacques Réda, Romain Gary, anonyme Mai 68.
Un vers volage me poursuit
Mais que dis-tu ? Mais que lis-tu ?
Alcools qui zonent dans ma nuit
Mélange détonant de Proust
et de Guillaume Apollinaire
Et puis je me transforme en ver
Confondant cheville et chenille
Un vers à soie un vers pour toi
Son avenir est incertain
À moins que tu le fasses tien
TRISYLLABES D’UN AMATEUR
septembre 2020
En ama
teur j’écris
en véri
té citron
Ô rang’ ton
désespoir
En ama
teur je vis
loin du monde
et du bruit
et dez zôms
m’as-tu-vu
ou de Lettres
En ama
teur je lis
la languin
personnelle
de Psoa
en ses zé
téronymes
Albert
Caeiro
et les autres
En ama
teur je suis
en équi
libre sur
le vers blanc
l’harmonie
du cosmos
la mémoire
en folie
l’atmosphère
d’un oubli
éternel