POURQUOI CHERCHER MIDI À QUATORZE HEURES ?





POURQUOI CHERCHER MIDI À QUATORZE HEURES ?

Midi le juste y allume ses feux

Pourquoi chercher à voir les yeux fermés ?

Cansous vos poguetz ir por tot lo moun

(Chansons vous pouvez traduire le monde)





Pourquoi lire encor des vers inintelligibles

La lutte du déca et de l’alexandrin ?

Un courant d’air passe alors sur ma page

                Il touche à mes lignes





La mer est amère

Un cheval soudain s’y promène

Il hennit Nini

La perte du temps





Je me souviens que tu jouais Dolly

Cette pièce pour deux petites filles

Composée par celui qui par hasard

Naquit près de mon village natal

À l’accent rocailleux





                Un goût de cendres sur la langue

                                Je te dis Adieu





évocations Paul Valéry, un troubadour, Gabriel Fauré, Reverdy.

POÉSIES ENFANTINES





J’ai tendu une corde de clocher en clocher,

et je danse.

Mon maître d’école avait inscrit la phrase

sur une banderole

qui flottait sur nos têtes.





Moi, quand je fus instituteur,

je remplaçai le danseur de corde

par Moi dans l’arbre





T’es fou tire pas !

C’est pas des corbeaux

C’est mes souliers

Je dors parfois dans les arbres





Ha!ha! On en a fait des lectures et des variations

sur ce dormeur dans son arbre





Comme « le paresseux » accroché au palmier,

au milieu d’une cour d’école de Caracas

où j’enseignais le français à de jeunes enfants.





Des infantes plutôt, des fillettes à l’esprit vif et sautillant.

-Profé ! profé ! comment dit-on « pereza » en français ?

– On dit « paresseux ».





Dame souris trotte Rose dans les rayons bleus

Dame souris trotte : debout paresseux !





italiques : vous devriez trouver le duo, première et dernière citation,

poètes majeurs, comme on dit, de notre panthéon poétique.

Quant à « Moi dans l’arbre ! »,

chapeau ! si vous connaissez son auteur

profond et facétieux.

TRAIN TRAIN DE NUIT

manuscrit tout chaud ma poétique est-ce du toc ?




TRAIN-TRAIN DE NUIT





toctoc toctoc

est-ce du toc ?

ou bien le rythme

d’un train de nuit





je tiens la rime

que brise le soc

d’une charrue

qui va et vient

sur cette page





plage de nuit

pour conjurer

mes insomnies





tictic trip tique

et se dérobe





ma poétique

comme dit l’Autre

ce n’est pas « Je »





est-ce du jeu ?





29/09/2020

4h24

DES SIRÈNES À VAPEUR RAUQUES





L’œil voit l’image

L’oreille écoute le vers





Est-ce que ça te parle ?

En tout cas ça a de la gueule

Et puis c’est réversible





C’est l’excédent que produisent

des sirènes à vapeur rauques comme des huées





On est loin du marché bric à brac

de la poésie





L’œil voit le vers

et le rouge

L’oreille écoute l’image

du temps perdu

et retrouvé





Cette mer allée

avec le soleil





italiques

Blaise Cendrars (Pâques à New York) 1912

Arthur Rimbaud





JJD 28/09/2020

MAIS D’OÙ TU PARLES ?





À pas de chat, je me glisse dans la conversation infinie transmise par un petit livre bleu (pour la couverture), comme « un bleu », qui ayant l’illusion d’y participer, se laisse porter par le courant de sympathie qui en émane.

Je me souviens de la formule rituelle de Mai 68, où dans une ville sans auto, on causait à tout le monde dans des assemblées de fortune, aux quatre coins des rues, des places, des amphis. Il n’y avait pas un intervenant à qui on demandait, tout de go : Mais d’où tu parles ?

Je parle d’un lieu mystérieux à plus d’un titre, une chambre aux murs blancs, traversée d’ondes venues du royaume « des voix chères qui se sont tues ».

Je parle dans ma tête avec les vivants bien vivants, avec qui nous échangeons nos écrits et chuchotements, nos annonces, nos petites nouvelles du front de mer, où passent et repassent pour l’éternité, les jeunes filles en fleurs.





italiques : Verlaine, Marcel Proust.

(UN DICTIONNAIRE À PART MOI) texte en cours

MAIS D'OÙ TU CAUSES? 

MAIS D’OÙ TU CAUSES Quichotte  Don Quijote ? /en un lugar de cuyo nombre no quiero acordarme /(bis)Mais d’où tu parles Charles ? de quelque part comme on disait à l’époque qui prenait feu de toute  part Mais d’où tu jactes Jean Jacques ? : mais du pavé et du ruisseau Rousseau /où passe (ter) mon beau navire ô ma mémoire Avons-nous assez navigué Dans une onde mauvaise à boire Avons-nous assez divagué De la belle aube au triste soir au bord de l’agonie /ô ma folie (bis) Mais d’où tu cornes tes gazelles tes licornes sorties des grimoires entassés dans l’armoire de hêtre et d’où tu dictes tes paradigmes perdus des champs de magnésie ? Mais en ce lieu d’utopie Lily /dont le nom m’échappe à jamais (bis)