ÉCRIRE UN POÈME MAIS JAMAIS LE MÊME

Écrire un poème
Mais jamais le même
Ça t’en bouche un coin

Écrire un poème
Sur un livre de Rhétorique
En mangeant des éclairs au chocolat
(Ça ressemble à du Pessoa)


Écrire un poème
Sur un horizon de chiens
Qui aboient
(Ça c’est du Lorca)

Écrire un poème
En comptant ses pieds
(Ça c’est désuet)

Écrire un poème
À contre-courant
des rivières et des rus
(Quand personne ne le liru !)


Écrire ce poème
D’un trait de plume
Sur un bloc
À dessein

-Muss es sein ?
- Es muss sein !

(Le faut-il ?
Il le faut !)

https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-dictionnaire-part-moi

CE TOIT TRANQUILLE (un don des dieux)

ce toit tranquille où marchent des colombes




Le don des dieux, disait Paul Valéry,

du premier vers amorçant son poème

« Ce toit tranquille, où marchent des colombes »

Mais après, son daimon se retirait,

le laissant seul penser et remuer

sens et sons, mots perdus devant sa tombe.





Tout ce qui rend « intranquilles » les poètes

qui se donnent du mal comme Personne,

Pessoa et ses hétéronymes, vivant à Lisbonne.

Il faisait du patron de son « tabac »

Un héros de papier vendant ces cigares

Comme Descartes sa métaphysique,

Ou, Michaux, le Belge, ses chocolats.





Mais je m’égare dit Fol erratique,

le Fou Triboulet blasonné

par François Rabelais.





Minuit passé, la boucle se referme,

L’espace de la page n’en peut mais,

Sens et sons ont semé leurs germes sur

« Ce toit tranquille, où picoraient des focs.»