CE TOIT TRANQUILLE (un don des dieux)

ce toit tranquille où marchent des colombes




Le don des dieux, disait Paul Valéry,

du premier vers amorçant son poème

« Ce toit tranquille, où marchent des colombes »

Mais après, son daimon se retirait,

le laissant seul penser et remuer

sens et sons, mots perdus devant sa tombe.





Tout ce qui rend « intranquilles » les poètes

qui se donnent du mal comme Personne,

Pessoa et ses hétéronymes, vivant à Lisbonne.

Il faisait du patron de son « tabac »

Un héros de papier vendant ces cigares

Comme Descartes sa métaphysique,

Ou, Michaux, le Belge, ses chocolats.





Mais je m’égare dit Fol erratique,

le Fou Triboulet blasonné

par François Rabelais.





Minuit passé, la boucle se referme,

L’espace de la page n’en peut mais,

Sens et sons ont semé leurs germes sur

« Ce toit tranquille, où picoraient des focs.»


	

UN PEU DE FEU





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UN PEU DE FEU





Un peu de feu né du silex

Un peu de feu au seuil des grottes

Un peu de feu falot falotte

Un peu de feu de ma jeunesse





Un peu de feu haletant dans la nuit

Un peu de feu du soleil noir

Un peu de feu flambant comme un virus

Un peu de feu infectant notre toile





Un peu de feu qui brûle ton poème

Un peu de feu de jeune fille en fleurs

Un peu de feu sous l’abat-jour des peines

Un peu de feu de cage thoracique





Un peu de feu de Guillaume Apollinaire

Soleil cou coupé jeté aux orties

Un peu de feu de nos présocratiques

Quand il y avait encor des dieux !





28/03/2020

06h02

UN LONG REGARD SUR LE CALME DES DIEUX


manuscrit premier jet
sur fond de toile aux encres et acryliques
titre :
il n’y a pas de mots dans mes figures
Dorio





 
UN LONG REGARD SUR LE CALME DES DIEUX
 
Activité :
dans l’esprit de ces lettres qui vont composer peu à peu le corps de mon texte,
j’agis, je déplie l’éventail de mes capacités, en conscience.
Conscience, claire et confuse, ou plutôt, la confusion m’est naturelle,
mais je cherche par essais successifs, à y voir plus clair.
Mes maux proviennent des souffrances réelles d’une vie fléchée
par les dieux malins et cruels, et par les mots pour le dire qui, à la diable, s’entrechoquent, à tort et à travers.

Je cède alors, comme dit le Poëte, l’initiative aux mots.
Mais céder n’est pas concéder :
Aussi bien, en tant qu’il a des idées claires et distinctes,
qu’en tant qu’il a des idées confuses,
l’Esprit s’efforce de persévérer dans son être pour une durée indéfinie
et il est conscient de son effort.
C.Q.F.D.

 Ma boucle pour l’heure semble se refermer, mais c’est pour mieux,
tant que je vivrai, toujours toujours recommencer :

Espérance après une pensée qu’un long regard sur le calme des dieux.

*
 
merci à Spinoza et à Paul Valéry
moi humble troubadour
sur eux je renchéris
selon Brassens