Ce que je me dis… je l’écris Ou plutôt ce n’est qu’en écrivant Que je me dis certaines choses Seul j’évite de me parler Et de me regarder dans une glace (sauf nécessité) Ce que je me dis souvent C’est dans une chanson que j’écoute et anticipe la connaissant par cœur (Oncle Archibald de Brassens dernière en date) Ce que je me dis alors (mais c’est mentalement) -Tiens tu devrais reprendre ta guitare et la chanter pour de vrai Manière, coquin de sort, de faire de Sa Majesté la Mort la rencon-ontre (bis) biographème : j’appartiens à la confrérie qui apprit la guitare en usant ses phalanges sur les chouettes accords du père Jojo
Tag Archives: écrire
J’ÉCRIS POUR LEVER DES LIÈVRES
En définitive à quoi écrire sert-il sinon à vivre ? Toutes les pénibles élucubrations sur « écrire et vivre » - écrire comme renoncement à la vie – sur « la chambre aux murs de liège » - avec attendrissement. « Il n’a pas vécu le pauvre » – ne sont que pitoyables défenses d’envieux, de toute façon sans importance. Mais ici, la chose est dite. Jacqueline Bisset J’écris pour lever des lièvres lever le pied lever au cœur les expressions J’écris dans la discrétion le silence et l’effacement J’écris dans l’exubérance la profusion et l’effervescence J’écris résistant au vertige de l’écriture mais non à sa folie passagère J’écris le passage en attaché en cursive J’écris en courant sur la page dans la rumeur des vagues J’écris dans le mutisme des nuits la lumière des poètes de l’exil J’écris en lisant flux et reflux qui soulèvent mes livres de sable et d’écume J’écris à califourchon à dada sur la bicyclette grammée garnie de grelot 1 J’écris comme un cochon un apache ou un apparatchik (au choix) J’écris en voyant de ma fenêtre une portion de méditerranée J’écris je n’oublie pas entre Charybde et Scylla cette intensité de l’instant où ça passe ou ça casse (dit trivialement) J’écris puis je laisse reposer dans des carnets signés de noms qui n’apparaissent sur aucune carte d’identité 1 George Grosz (1893-1959)
MON PETIT MÉTIER

Art d'écrire. J'ai écrit des centaines de poèmes presque sans ratures. J'en ai gardé quelques-uns, j'ai brûlé les autres. Et voilà tout mon pauvre métier. Pierre Reverdy (Le livre de mon bord)
J’écris sans ratures
la Plupart du temps
-ce titre blason de Pierre
Reverdy-
dans le calme des nuits
Autant de pierres blanches
Que j’échange en chemin
Avec je-ne-sais-qui
Qui lit je-ne-sais-quoi
Seul.e un.e ami.e
parfois
Me rend la monnaie
de la pièce
Au centuple
Voilà une à une
ces lignes qui
à peine le temps d’y penser
sont au cœur
de mon petit métier

ÉTRANGE FAÇON DE VIVRE
Étranges façons de vivre Passant un temps jamais compté À laisser courir la plume Sur le papier Sans jamais savoir à l’avance Ce qui va se présenter Étrange façon d’écrire En tournant sept fois son stylo Dans sa tête En préparant son bouquet de fleurs De rhétorique Ainsi que des reliques Restes d’un culte athée Étrange façon de s’en aller Sur la pointe d’un pied Dansant la gigue De ce poème juste ébauché
J’AI CRIS & FIRMAMENTS
J’écris dans l’éphémère cherchant le permanent
J’écris de thébaïdes et d’archipels ancrés dans l’irréel
J’écris glanant éclisses et firmament
J’écris brindilles et branches charpentières
J’écris dans l’espace que m’octroie le temps intemporel
J’écris à l’épreuve de maints coups de martels
J’écris Orion de Bételgeuse et de Rigel
J’écris dans les pas d’un chasseur des Vigies
Qui ne sait jamais d’où va venir
Le mot qui tue ou régénère