L’encrier brisera les canons Victor Hugo Je n’use plus de l’encrier qu’en l’écrivant sur mon papier Encrier disparu sans crier gare Je me souviens que certaines nuits à force d’y tremper ma plume sergent major Son encre devenait sang noir Comme la bonne "sanquette" des hussards noirs Instituteurs porteurs de République et de Laïcité L’encrier en porcelaine blanche était posé dans un pupitre d’écolier C’était le bénitier de la seule église que j’ai fréquentée
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OUVRIR les choses plus que les découvrir
OUVRIR
Mes écrits ne contiennent aucune certitude qui me satisfasse à moi-même, aussi ne fais-je pas profession de savoir la vérité…J’ouvre les choses plus que je ne les découvre.
Pierre Bayle (1647-1706)
Lorsque je fouille dans mes pensées, il y a des noms, et jusqu’à des personnages, qui échappent à ma mémoire, et cependant ils avaient peut-être fait palpiter mon cœur : vanité de l’homme oubliant et oublié ! Il ne suffit pas de dire aux songes, aux amours « Renaissez ! » pour qu’ils renaissent ; on ne se peut ouvrir la région des ombres qu’avec le rameau d’or, et il faut une jeune main pour le cueillir.
Chateaubriand (1768-1848)
Ouvrir un nouveau cahier de 96 pages (17x22cm) Ouvrir les guillemets en recopiant la dernière phrase lue sur son livre de chevet : Faire un livre qui soit un acte…tel est le but qui m’apparut…quand j’écrivis l’Âge d’homme (Michel Leiris) Ouvrir l’œil et le bon Ouvrir son imagination Ouvrir sa boîte à malices Ouvrir l’Odyssée d’Ulysse l’Inventif Ouvrir ses poumons devant la mer et ses embruns Ouvrir la prison de Fleury-Mérogis Ouvrir sa muleta à l’écriture considérée comme un exercice de tauromachie Ouvrir son cœur une nuit sous le dernier croissant de lune Ouvrir la ronde des jurons (les « Scrogneugneus, jarnicotons, bigre et bougre ! » Brassens) Ouvrir la lettre dont les caractères d’écriture nous sont connus (et chers) Ouvrir la dernière étude sur Montségur Ouvrir la porte du cimetière du Trabuquet où repose son ami Michel à Menton Ouvrir l’album de photographies avec tes yeux de myosotis Ouvrir cette bouteille de vieille prune Ouvrir le vieux cahier des charges (de CRS) de Mai 68 au quartier Latin Ouvrir le dernier livre de poèmes écrit et envoyé par Jean Louis Rambour depuis Bayeux (Quand nous regardions depuis notre terre ) Ouvrir les Nuées d’Aristophane avec la complainte du vent qui s’ennuie la nuit ( le vent des toits qui pleure et rage Jules Laforgue) Ouvrir le cahier de solfège où tu transcrivis jadis Étoile des Neiges Ouvrir le collier de griffes de Cros (Charles) qui guigne la dame aux yeux de panthère Ouvrir la dernière session du Bird (Charlie Parker) mort sur le palier de la baronne Pannonica de Kœnigswarter (on peut vérifier) Ouvrir le flacon d’encre noire comme la mer là-bas à l’horizon de mon atelier de scribe Ouvrir cette dernière ligne qui clôt dans un sanglot cet exercice d’éparpillement à livre ouvert
DES ESSAIS
Des Essais
Montaigne en fit des tonnes
Je n’ai pas asteure
Ses livres sous les yeux
Mais je me souviens
De quelques passes mémorables
Il appelait ça peindre le passage
Celui du temps
dont il goûtait
chaque seconde
quand tout bien
se goupillait
Mais quand il avait le bourdon
Il le traversait
à sauts et à gambades
Cette nuit
Moi aussi
C’est la cloche des morts
Qui m’a réveillé
Alors je prose
Cheval blessé
Qui rue
Et trempe généreusement
les doigts dans l’encrier
Comme vous pouvez le constater
DES ESSAIS
Des Essais
Montaigne en fit des tonnes
Je n’ai pas asteure
Ses livres sous les yeux
Mais je me souviens
De quelques passes mémorables
Il appelait ça peindre le passage
Celui du Temps :
dont il goûtait
chaque seconde
quand tout bien
fonctionnait
Par contre
Quand il avait le bourdon
Il le traversait
à sauts et à gambades
Cette nuit
Je dois l’avouer
C’est la cloche des morts
Qui m’a réveillé
Alors je prose
Cheval blessé
Qui rue
Et trempe généreusement
les doigts dans l’encrier
Comme vous pouvez
ci-dessous
le constater

tel quel
les doigts dans l’encrier