DANS LE HAMAC 23 VERS PAR RACCROC





Brisez les cadres avant que les cadres ne vous brisent !

Gaston Bachelard





Babil Babel Soleil naissant

Quand l’Alouette

De joie s’oublie aux rais

Puis plombée par un méchant chasseur

Va tomber dans la poussière de l’azur





Les faux beaux jours ont fui

O ma chère pauvre âme

On dirait du Verlaine

Mais c’est du seul Dorio

Se balançant

Dans son hamac tissé de mythes

Et de poèmes de hasard





Dans ce lieu de Provence maritime

Où le vent ce matin

Lui dicte ces vers par raccroc





Profitez de chansons

Quand Amour est présent

Profitez de la pomme

Jusqu’au dernier pépin





La première mésange

Joue sur l’abricotier

La vie est éphémère

On n’y voit que du bleu

hamac des mythes et des vers par raccroc

SIGNES ÉCRITS COMME EN HYPNOSE

une page de signes et d’écriture




les signes que je viens de tracer
diction


« écrite ou non la parole est une musique de temps… »
diction

1

Seule l’imagination, instrument de la veille généralisée, parce qu’elle ne connaît pas le sommeil, est capable de supporter, sans vouloir les contraindre, la variété sans limite des choses et des êtres, et leur correspondance, de rendre possible qu’ils constituent un monde.

                                                                                  François Roustang 1923-2016 (Hypnothérapeute)

Les signes que je viens de tracer en une minute ou deux, à 7 heures du matin avant mon lever…

Les signes me regardent comme autant d’autres en moi, d’autres facteurs venus m’apporter

le courrier du matin…

Et comme d’autres lectrices qui me ressemblent et me relancent en vibrations, résonances imaginatives,

écheveaux de la femme du héros errant de l’Odyssée.

Les signes que j’écris depuis 9 ans et chaque jour, comme en hypnose,  où tout vient de la faculté né de longues pratiques, de savoir peu à peu lâcher les chevaux de nos cinq sens pour devenir capable « de supporter la variété sans limite des choses et des êtres …»

Hypnographies de mes identités jamais fixées mais sans cesse en mouvement…

Traversées comme autant de coups de plumes qui jamais n’aboliront l’extraordinaire hasard d’exister.





2

« Écrite ou non, la parole est une musique du temps et le temps nous presse de comprendre.»

Roger Judrin (1909-2000)

Mais si je suis parfois pressé de paroles et d’écritures qui font de confusion la marque, en revanche, pour « comprendre » ce qui est en train de passer, c’est une autre affaire, une autre paire de manches.

C’est le long cours d’une vie de doutes et de questions sans réponses immédiates…

Ce sont par essais successifs faire le tour des énigmes en proposant plusieurs voies d’entrées…

en laissant le corps flotter vers ces dimensions d’inconnu et d’étonnement qui sont en nous le plus souvent ignorées…

Quelquefois un mot vient puis un autre…

Mais ce n’est qu’à la sortie, après notre dernier soupir, comme disait je ne sais plus quel ancien,

que d’autres que nous, s’ils le souhaitent et en ont les capacités, feront le conte de nos essais, pertes certaines, profits légers…

IL Y A HASARD ET HASARD

page manuscrite
encres de chine
hypnographies
jj dorio
Marseille La Vieille Charité
19/02/2020
*
reproduction
dessin collectif
de surréalistes
à Marseille 1941




il y a hasard et hasard

et je n’écris pas ça

par hasard





ni par nécessité d’ailleurs

quoique





je jette les dés

je sors les mots

de mon chapeau

j’oublie ce que je vais dire

je frotte mon stylo feutre

sur les grains de folie

de mon papier

d’artiste





il y a hasard et hasard

et j’écris ça

par hasard





j’en fais don aux enfants

joyeux joueurs

et sans arrière-pensée





le pas ouvert

vers ceux et celles

qui donnent à voir

entendre et lire

la sensation

de participer

à la liberté incertaine

mais exaltante

de notre esprit*









Après que le pas a été ouvert à l’esprit,

j’ai trouvé comme il advient ordinairement

que nous avions pris pour un exercice malaisé

et d’un rare sujet

ce qui ne l’est aucunement.

Michel de Montaigne

Des vaines subtilités

UN GRAND GROS LIVRE





Un grand gros livre dressé sur mon bas-ventre mes cuisses et mes genoux : stimuler les cinq sens lis-je.
Les cinq sens d’un même mot par exemple.
Reconnaissance du paradis, le jardin clos des persans qu’ils nommaient paridaisa.
Jadis, naguère, je le nommais de mille manières en 4 recueils* pour 4 lecteurs, comme l’on dit des chats.
Un gros grand livre et ses trésors de labyrinthe en utopie, inépuisables allégories comme une partition musicale aléatoire et combinatoire, comme un tableau monotype ou la non-figuration nous emporte dans les sous-bois des pré-textes, sous-textes, hors-textes.
Hasards en lutte avec Harmonie.
Un gros grand livre sur et dans ma tête en vision simultanée, réduit maintenant à cet exercice dérisoire, ridicule, atypique, écrit sur une feuille de filtre à café, mais « suffisamment pour ouvrir les yeux », à ceux et celles qui aiment le désordre des signes en rotation, qui creusent labyrinthes, jardins, éphémères paradis.
 
* « Présents de Paradis », « Éphémère Paradis » « Lector in Paraiso », « Petites feuilles de Paradis »
Encres Vives (collection Encres Blanches)
Jean Jacques Dorio