Laissant sans fin courir son imagination Parfois l’assaillait la vision d’un idiot (deux lipogrammes en e vous aviez remarqué) Un idiot momo à Nyouyork au Moma Un Dorio loriot pratiquant l’art brut-plaisir d’Artaud Tarahumaras hallucinations Jusqu’au tournis d’Achab poursuivant Moby Dick Qui soufflait sur l’horizon lapis-lazzuli Bijoux d’azur bols pour ablutions nuit sur nuit Laissant courir sans fin mon imagination Italiques extraites de La Disparition Georges Perec
Tag Archives: imagination
OUVRIR les choses plus que les découvrir
OUVRIR
Mes écrits ne contiennent aucune certitude qui me satisfasse à moi-même, aussi ne fais-je pas profession de savoir la vérité…J’ouvre les choses plus que je ne les découvre.
Pierre Bayle (1647-1706)
Lorsque je fouille dans mes pensées, il y a des noms, et jusqu’à des personnages, qui échappent à ma mémoire, et cependant ils avaient peut-être fait palpiter mon cœur : vanité de l’homme oubliant et oublié ! Il ne suffit pas de dire aux songes, aux amours « Renaissez ! » pour qu’ils renaissent ; on ne se peut ouvrir la région des ombres qu’avec le rameau d’or, et il faut une jeune main pour le cueillir.
Chateaubriand (1768-1848)
Ouvrir un nouveau cahier de 96 pages (17x22cm) Ouvrir les guillemets en recopiant la dernière phrase lue sur son livre de chevet : Faire un livre qui soit un acte…tel est le but qui m’apparut…quand j’écrivis l’Âge d’homme (Michel Leiris) Ouvrir l’œil et le bon Ouvrir son imagination Ouvrir sa boîte à malices Ouvrir l’Odyssée d’Ulysse l’Inventif Ouvrir ses poumons devant la mer et ses embruns Ouvrir la prison de Fleury-Mérogis Ouvrir sa muleta à l’écriture considérée comme un exercice de tauromachie Ouvrir son cœur une nuit sous le dernier croissant de lune Ouvrir la ronde des jurons (les « Scrogneugneus, jarnicotons, bigre et bougre ! » Brassens) Ouvrir la lettre dont les caractères d’écriture nous sont connus (et chers) Ouvrir la dernière étude sur Montségur Ouvrir la porte du cimetière du Trabuquet où repose son ami Michel à Menton Ouvrir l’album de photographies avec tes yeux de myosotis Ouvrir cette bouteille de vieille prune Ouvrir le vieux cahier des charges (de CRS) de Mai 68 au quartier Latin Ouvrir le dernier livre de poèmes écrit et envoyé par Jean Louis Rambour depuis Bayeux (Quand nous regardions depuis notre terre ) Ouvrir les Nuées d’Aristophane avec la complainte du vent qui s’ennuie la nuit ( le vent des toits qui pleure et rage Jules Laforgue) Ouvrir le cahier de solfège où tu transcrivis jadis Étoile des Neiges Ouvrir le collier de griffes de Cros (Charles) qui guigne la dame aux yeux de panthère Ouvrir la dernière session du Bird (Charlie Parker) mort sur le palier de la baronne Pannonica de Kœnigswarter (on peut vérifier) Ouvrir le flacon d’encre noire comme la mer là-bas à l’horizon de mon atelier de scribe Ouvrir cette dernière ligne qui clôt dans un sanglot cet exercice d’éparpillement à livre ouvert
DESSOUS DE TABLE ET DU DESTIN

Dessous de table et du destin. À un détail près, Déterrer les vieilles histoires N'est pas bon pour la santé. Au détour d'une fiction de Borges, On allume la lampe d'argile de l'imagination, et l'on se retrouve sur une planète née de "la conjonction d'un miroir et d'une encyclopédie", parcourue seulement par dix-sept lecteurs- lectrices comprises. Devises de père en fils : Jean Marot, Rhétoriqueur : Ni trop ni peu Clément, Prince des poètes La mort n'y mord Dévoiler, agiter ses mots, éloigner ses maux, comme un beau diable. Dictées de nuit. Je n'écris jamais ce que me dicte la conscience passée. Ni la bouche d'ombre. Mon dictionnaire à part moi, ignore l'ordre de l'alphabet. Ma plume s'arrête là, faute d'espace, mais nous n'avons pas fini tous deux, de nous étonner.
JE SAIS BIEN…MAIS QUAND MÊME
JE SAIS BIEN…
MAIS QUAND MÊME
Même…Ce premier mot usé…Je sais
bien…mais quand même Même si ce texte
semble ne servir à rien Je sais bien
qu’il manifeste une activité
hors-ligne – folie douce, dérision –
Je sais bien qu’il paraît imaginaire
Mais il n’y a pas plus réel que ce corps
Utilisant son imagination
La voix maintenant se tait Je sais bien
On dirait un exercice Oulipien
Mais quand même…
dizain VI
LECTEURS PENDUS AU CLOU DE L’IMAGINATION
Vivre sans imaginer une vie autre
C’est vivoter
Mais l’imagination mise à toutes les sauces
Sans l’expérience de sa propre vie
C’est une voie sans issue
C’est tirer de la poudre aux moineaux
Prendre des vessies pour des lanternes
Ne pas savoir à quel clou pendre sa lampe
J’imagine qu’en disant tout cela
Je n’ai pas aidé mes dix-sept lecteurs
Qui ne sont pas tombés de la dernière pluie
Même si passant entre les gouttes
Ils ont tout loisir d’imaginer la suite
De ce commencement qui n’en finit pas