BADINERIES DANS MON LABYRINTHE





Étendant les mains hors du lit, Plume fut étonné

de ne pas rencontrer le mur.

« Tiens, pensa-t-il, les fourmis l’auront mangé… »

et il se rendormit.

Henri Michaux





Je ne suis pas dans le monde

mais dans mon lit





Je ne suis pas dans la lune

mais dans le livre d’un certain Plume





Je ne suis pas dans les lieux communs

mais dans ma chambre d’éveil





Je ne suis pas un loup au pelage roux

mais un loup qui passe entre les mailles

et les manilles du temps présent





Je suis le verbe maladroit

de cette ébauche de poème

abandonné

au plus profond du labyrinthe





BADINERIES
un autre nom
de mes labyrinthes
Acrylique Encres de Chine
sur toile

Dorio 2016

AU PLUS PROFOND DU LABYRINTHE





Étendant les mains hors du lit, Plume fut étonné de ne pas rencontrer le mur.

« Tiens, pensa-t-il, les fourmis l’auront mangé… » et il se rendormit.

Henri Michaux


je ne suis pas dans le monde

mais dans mon lit

je ne suis pas dans la lune

mais dans le livre d’un certain Plume

je ne suis pas dans les lieux communs

mais dans ma chambre d’éveil

je ne suis pas un loup au pelage roux

mais un loup qui passe entre les mailles

et les manilles du temps présent

je suis le verbe maladroit

de cette ébauche de poème

abandonné au plus profond du labyrinthe





Tu laisses quelqu’un nager en toi
Michaux
acryliques encres de chine sur toile
Dorio

UN GRAND GROS LIVRE





Un grand gros livre dressé sur mon bas-ventre mes cuisses et mes genoux : stimuler les cinq sens lis-je.
Les cinq sens d’un même mot par exemple.
Reconnaissance du paradis, le jardin clos des persans qu’ils nommaient paridaisa.
Jadis, naguère, je le nommais de mille manières en 4 recueils* pour 4 lecteurs, comme l’on dit des chats.
Un gros grand livre et ses trésors de labyrinthe en utopie, inépuisables allégories comme une partition musicale aléatoire et combinatoire, comme un tableau monotype ou la non-figuration nous emporte dans les sous-bois des pré-textes, sous-textes, hors-textes.
Hasards en lutte avec Harmonie.
Un gros grand livre sur et dans ma tête en vision simultanée, réduit maintenant à cet exercice dérisoire, ridicule, atypique, écrit sur une feuille de filtre à café, mais « suffisamment pour ouvrir les yeux », à ceux et celles qui aiment le désordre des signes en rotation, qui creusent labyrinthes, jardins, éphémères paradis.
 
* « Présents de Paradis », « Éphémère Paradis » « Lector in Paraiso », « Petites feuilles de Paradis »
Encres Vives (collection Encres Blanches)
Jean Jacques Dorio
 
 
 
 

PETITES OCCUPATIONS DU 3 SEPTEMBRE 2019

Écouter dans les bois de pins la musique des dernières cigales
Suivre amusé une hirondelle de mer 
faisant un vol évolutif
au-dessus de la plage de sable

Nager seul dans la mer froide
désertée de ses vacanciers

Et poursuivre son écriture incertaine
Dans le labyrinthe de la poésie universelle





	

VOYAGE EN INSOMNIE

Voyage en Insomnie
Dans le labyrinthe
Des rêves idiots
Comme la rive d'une mer
Envahie dans la nuit
Par des statues de sel

Voyage en Insomnie
Dans le mitan du lit
La rivière est profonde
La Belle que voici
Ma mouette plaintive
Y prolonge sa ronde

Voyage en Insomnie
Rêves nous imaginent
De toutes parts déchirés
Eurydice et Orphée
Qui patiemment recoud
Ton livre de sable insensé

Voyage en Insomnie
Mes pensées dans la nasse
Font les quatre cents coups
Les quatre sans cous
Chante Robert le Diable
Dans le château de Fantômas

Voyage en Insomnie
Mon royaume pour un cheval
Ma cabane au Canada
Dans le parc de Mauricie
Et les dormeurs du val
Étendus en chien de fusil

Le voyage se termine
Le rêveur éveillé
Épluche ses images de papier
Il les broie en confettis

Secouez lecteurs silencieux
Le grand kaléidoscope
Peut-être y verrez-vous
Votre ultime portrait