Je tire la couverture sur le poème deux D’eux qui ont les yeux de hiboux nyctalopes Invisible sous ma lampe électrique Moi aussi cependant…je médite Hop hop hop comme en Mai Les genoux hauts dans une course épique Reprise jouissivement Par cette écriture déplacée incongrue Hétéroclite Bijoux genoux hiboux Poème qui loin de valoir Le sonnet en X N’est pas loin de son exit Mais même proche du néant Il existe Et tant pis pour ces lecteurs qui le dropent !
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ALORS ÇA MARCHE LA POÉSIE ?
Telle une île
Ce texte
écrit au ghetto
de la Cité du Livre
en sortant
des méandres
de la nuit
Entouré de silence
Paradoxal
Imaginant les retouches
De ses deux ou trois lecteurs
Qui l’annotent
Dans leur tête
Telle une île
Mise en page
Par ses acteurs
Passant
Le pont des soupirs
Les yeux bandés
Tant leur mémoire est vive
Des odeurs et des sons
Des matières peintes
Ou jetées à la fresque
Et telle la bouche d’ombre
Balbutiant
Sous l’œil des Barbares
– Alors, ça marche la poésie ?
MONTAIGNE
Que sais-je?
Tout change sans cesse, rien n’est stable.
À n’importe quelle opinion, aussi certaine qu’elle paraisse,
on peut en opposer une autre toute aussi certaine.
C’est un plaisir toujours renouvelé que de savoir jouir de nos lectures.
Celle du fils de Pierre Eyquem, qui s’inventa le nom de Michel de Montaigne,
devient peu à peu, les ans passant, une de mes préférées.
Beaucoup de passages me sont obscurs faits de « pièces décousues »
comme il disait, non sans malice, mais j’y reviens, je les relis et les relies
à celles pour qui j’ai plus de facilité à suivre son «allure poétique »,
fût-ce, à sauts et à gambades.
Je le parcours à sa manière, naturelle et ordinaire, sans contention,
mais je ne le lis jamais sans éprouver le besoin de passer à mon tour,
à une écriture qui « tient registre » de mes instants, d’une vie bien à moi,
qui en est « la matière ».
Une écriture, qui ne va jamais de soi, faite d’ajouts, de reprises et de pertes.
Mais qui me tient et « m’engage, à (ce) registre de durée », sans fin…et sans reproches.
« Et quand personne ne me lira », écrivait, ou dictait depuis sa tour « librairie », Montaigne.
Formule évidemment qui hameçonne son lecteur, mais que je reprends ici, volontiers,
en ces temps où le « numérique » me permet de dévoiler pour autrui mes fantaisies,
sous forme de poèmes, « essais » avec un « e » minuscule, « dictionnaire à part moi »…
dont je ne cherche aucune faveur dans le monde littéraire, mais dont je sais gré
à quelques lecteurs et lectrices bienveillantes de les accompagner
de leurs prolongements passagers.
Adieu donc, à Martigues ce 26 juin 2020
(patchwork in progress)
« C’est une absolue perfection, et comme divine, de savoir jouir loyalement de son être.
Nous cherchons d’autres conditions, pour n’entendre l’usage des nôtres, et sortons
hors de nous, pour ne savoir quel y fait.
Si, avons-nous beau monter sur des échasses, car sur des échasses
encore faut-il marcher sur nos jambes.
Et au plus élevé trône du monde, si ne sommes assis que sur notre cul. »
Michel de Montaigne
CES SIGNES UNIQUES ET GÉNÉREUX

Je me débrouille l'un après l'autre ces signes uniques et généreux m'ont occupé une minute ou deux vite vite d'eux d'elles les œufs les ailes de ces oiseaux de passage que je laisse le soin à mes lectrices et mes lecteurs de libérer
ouvrez ouvrez la cage où l'alphabet vous tient prisonnier de lieux communs en bouffissures oubliez vous oubliez moi sur cette plage et dans la mer indifférente aux vaniteux
UN POÈME MAIGRELET

C’est un poème maigrelet
À mesure qu’on le lit
Il disparaît
Il sort des yeux comme l’on dit
De quelqu’un de fat
Ou d’un livre out
Et dans la bouche c’est la voix off
Au goût de cendres
Et de haillons
Inactuel et maigrelet
Il meurt il meurt
Et disparaît