L’âme est souffle, esprit.
–Esprit es-tu las
De chercher l’harmonie
Le rythme la musique
(avant toute chose) ?
–Pas de lassitude
Mais toujours l’étude
De ce quelque chose
Qui en moi déborde
Et m’incite tout bien pesé
À ne pas désespérer
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
L’âme est souffle, esprit.
–Esprit es-tu las
De chercher l’harmonie
Le rythme la musique
(avant toute chose) ?
–Pas de lassitude
Mais toujours l’étude
De ce quelque chose
Qui en moi déborde
Et m’incite tout bien pesé
À ne pas désespérer
Couinements et grimaces
Petits cris syncopés
J’assiste à un concert jazzy
Je vois les musiciens
Autant que je les entends
Puis je fais comme eux
Qui en jouant ferment les yeux
Et c’est le miracle
la musique improvisée
entre en moi et me métamorphose
Ne t’en fais pas et sois heureux
Lire ce n’est pas rien
Relever, en douce, ce que d’autres ont écrit,
mots, phrases ou vers,
qui soudain résonnent étrangement
et fortement en nous :
témoin ce mammifère égaré
dans la prairie des syllogismes
et le pâturage des contradictions
témoin ce corps de songes provoqués par
un air très vieux languissant et funèbre
Lectures pour moi seul
Confrontation avec cette manière
Dont la poésie s’accomplit
Sous la forme d’un poème
Une musique qui me possède
et m’entraîne cette nuit
(et cette nuit seule)
dans un château des siècles passés
où une dame, blonde aux yeux noirs,
sublime, apparaît
Car elle m’apparaît
au-delà de la page
cette femme que j’ai fréquentée
dans une autre existence
et dont je me souviens
avec par ordre de citations R Queneau P. Verlaine et G. de Nerval
Après la tempête le calme
les sanglots longs
de l’âme de Verlaine
Vers plus que lents,
Une valse mélancolique écrite
pour lâcher prise
laisser aller selon
le chant de la bonne aventure
Après la tempête
Deçà delà
Je me souviens
De la musique avant toute chose
Celle qui nous faisait planer
en regardant « le violoniste bleu »
de Marc Chagall
C’était à Nice
Où tu aimais aussi
Manger des chichis
Et puis nous avons vécu la fin de la bonne tempête
La mort quand elle vient ne fait pas de chichis
Ma belle musicienne s’est changée en statue
Il pleure dans mon cœur
L’inflexion des voix chères qui se sont tues
Italiques Paul Verlaine