IL FAUT ÉCRIRE SANS Y PENSER





Il faut écrire « sans y penser » est un titre musical de Clément Janequin (1547)

Il faut écrire sans penser une seconde à être lu

Il faut lire comme si c’était nous qui avions écrit la page sous nos yeux

Il faut s’amuser à écrire en secret sans amuser la galerie

Il faut continuer à écrire à sa Muse en allée

(comme si sa nuit définitive était un phénomène relevant de Fiction & Cie)

Il faut lire demain dès l’aube en portant un bouquet de roses de la vie

Il faut écrire en retenant ses cris et rires

Il faut lire l’ephemeride.com de ce jour :

mercredi 7 août 2024 220e jour de l’année 146 jours restants 32e semaine le soleil se lève à 06h32 et se couche à 21h19 Nous fêtons les Gaétan de Tienne ainsi que les Gaétane

(Je me souviens de ce bistrot à l’enseigne du Beau Brun où trois musicos de fortune jouaient mi ré mi l’air de la petite Tane qui m’aurait peut-être aimé)

JE PENSE mais il y a peut-être erreur sur la personne

JE PENSE, mais il y a peut-être erreur sur la personne Je pense donc je suis disait l’autre mais il ne disait pas (du moins je le pense) ce que moi je pense sur le Sujet Celui qui dit Je pense, affirme un autre penseur, « fond en un seul acte le dire et le faire » Je pense en effet qu’il faut toujours avoir deux faires au feu : le faire semblant et le faire pour de vrai Je pense c’est, selon l’étymologie, je pèse et je soupèse Je pèse le côté un peu factice de poursuivre ces variations sur le verbe penser à la première personne du présent de l’indicatif  En y pensant je suis (du verbe être) cette pensée idéale en massif et en jardinière (j’invite mes lectrices-lecteurs à préférer, pour une belle floraison,  un emplacement ensoleillé surtout dans l’hiver de la pensée que nous traversons) « Je pense donc j’essuie », comme l’écrivait mon professeur de philosophie après avoir essuyé la formule cartésienne qu’il avait écrite comme matière à penser à la craie blanche sur le tableau noir d’une salle de l’École Normale d’instituteurs d’Auch (Gers) saison 1963-64 Je pense aux petites fiches où j’ai écrit des milliers de poèmes issus de citations Je pense à mes années d’apprentissage faites de bric et de broc sans maître penseur mais avec les senteurs de ma verte campagne où je suis né Je pense qu’ainsi j’ai échappé à la meute des penseurs doctrinaires désignés par des substantifs se terminant par -iste (en faire la liste requerrait un cahier d’écolier en entier) Je pense que si j’ai été un bon élève ( en rien exceptionnel) je le dois au désir insensé de mes père et mère, les derniers des paysans, se nourrissant presque exclusivement des produits de leur petite ferme,  qui rêvaient que j’embrasse la profession d’instituteur, boursier tout au long de mes études et enfin entrant en classe de seconde à la (petite) école normale comme élève-maître entrant pour mes 16 ans dans la carrière Je pense que contrairement à la fille d’un boutiquier normand qui vient d’accéder au prix Nobel, je n’en tire aucune fierté, ni, encore moins, rage de « transfuge » Je pense que provisoirement il vaut mieux en rester là, posant mon stylo  et reprenant, pour oublier ma trop longue anaphore, un de mes livres actuels que l’on dit de chevet (partie du lit où l’on pose son chef, sa tête, sa caboche) Elle prend son arc turquois Recoiffe sa tresse blonde Puis s’endort au bruit de l’onde Pierre de Ronsard

MENUES PHRASES VENUES SANS Y PENSER

MENUES PHRASES VENUES SANS Y PENSER

Oui la poésie d’un jour s’élabore toutes les nuits Mais pour bien la faire, ma commère, il vous faut purger de quatre grains d’ellébore La poésie toujours dans un coin de brouillard ou de cheminée en feu de bois de chêne que l’on a coupé au milieu de tous ses roseaux pensant Mais à quoi pensaient-ils cannebières et bambous ? On ne sait On ne sait pas, n’ayant point, à cause du long divertissement qu’il y a à élaborer nos poèmes, poussé notre raisonnement plus loin Moralité : C’est plus fort que nous Ces menus phrases nous échappent sans y penser

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