UNE SEMAINE DE BONTÉ À ORSAY





Devant les tableaux des musées

Je me mélange les pinceaux

Me voilà au Canal Grandé

Femmes rousses montent l’escalier

Un chien passe sur une barque





Assis sur le quai une personne

Me fait penser à Pessoa

Allez savoir c’est peut-être

Kafka ou Visconti On meurt

Tous à Venise ou à Pom

Péi





Petit pays mental

Sorti d’un collage de Max

Ernst Sa «semaine de bonté »

Qui n’a rien d’une enfant de chœur

Portant l’encens des morts d’Ormans





Et pour l’Amour à un poil près

C’est au sous-sol que s’origine

Le monde caché de Courbet

C’est le sourire de Vénus

Que Lacan l’œdipien acquit

Avec l’argent de ses curistes





Mais de tout cela les artistes

Exposés à Orsay n’ont cure

Leur toile blanche les attend

Toujours toujours recommencée


	

L’HUMEUR DES NUITS

L'humeur des nuits 
varie selon les heures

leurres du sommeil passager
ou éveils aux images insensées
qui nous traversent l'esprit

cette nuit
j'essaie de les écarter
l'une après l'autre

c'est ce que traduisent
maladroitement
ces coups de pinceaux
que je livre au papier





hypnographies
encre de chine sur papier de revue
jjd