LE POÈME NOUS FAIT DES SIGNES

Le poème nous fait des signes
Même quand nous ne savons pas de prime abord les interpréter
Des signes amicaux Coco
Ou de fantasques primesauts
Poèmes à prendre avec des pincettes
Venus de Montréal de Paris ou de Cette
Ou d’un vers qui se tord pour dire sa douleur
Poème en peu de mots ennemi de la phrase
bouclée bâclée définitive
Échos parlant selon Villon
Inscriptions sur des stèles que nous avons du mal à lire
Et pour finir
Ce poème en cours mouvant fragile
Vous a-t-il fait des signes ?

COMME UN BON PAIN

Faire lever 
comme un bon pain
des poèmes
des inédits
comme on dit
Ou bien
Pousser la porte
simplement
Sans attente d’images
Mais en revoyant
ému
Celles de ton jardin d’enfant
Et se souvenir
Que l’amour a été
Tout pleins d’été
Où l’on faisait
lever des poèmes
comme du bon pain
sans fin

ICI

Ici les proses d’un poète mineur
Ici la manie d’agencer les mots
En lisant en écrivant
À nos vivants et à nos morts
Ici l’amour des oxymores
Et les petits gestes du quotidien
Pour nos enfants et nos anciens
Ici les points de suspension
Quand notre chant s’égare
Dans un buisson de questions
Ici un long silence
Qui fut la source
De ce poème en suspens