EN SOMME

 
Chaque nuit entre deux sommes
Tu vogues toujours et encor
Vers Ithaque errant éternel
Tournant tes feuilles recto
Verso du travail de mémoire
Qu’un poème comme un clap
Sur la langue du lexique multiplié
Ébranle éclabousse de tes écumes
De nuit tes pensées de papier
Entre deux sommes


AJOUT

JE ME RÉVEILLE D’UN COURT SOMME

Cette histoire de soi qui s’écarte de moi, ce n’est pas que dans les livres.

Je me réveille d’un court somme, (le premier de la nuit), avec la sensation d’une conscience paradoxale :

je ne sais plus l’espace d’une seconde où j’habite, quel jour on est, quelle est mon identité…

Ça pourrait semer le doute, ça me donne l’énergie venue de ce courant mystérieux « antérieur à la connaissance » d’un questionnaire inhabituel :

qui ne suis-je pas ? ce que n’est pas mon identité ? ce que je ne sais pas ?

BELLES NAISSANCES

Pour Ambre et Jade et pour Mathis

Une goutte d’eau dans l’océan des poésies 
Une larme de joie dans les yeux d’une reine de cœur
Une pluie sans cesse sur Brest
Un lac endormi quand nul ne le voit la nuit
Une source à la fontaine Bellerie
Mon poème est comme un ruisseau
Je l’ai écrit pour mes petites filles et mon petit fils
Nés un vingt huit février

Martigues 28 février 2024

AUJOURD’HUI

Aujourd'hui 
Ce mot posé sur une feuille blanche
Et ma main remuant les cendres de l’Hier
À la recherche de sa dernière braise
Sur laquelle souffler


Aujourd’hui sans hésitation
Commençant pas à pas
Le chemin inconnu de ce poème
Que je découvre en l’écrivant

Plus lentement que n’allait Prévert
à l’enterrement de ses feuilles mortes

Ce Jour d’Hui
Vendredi 23 février
Deux mille vingt-quatre

SALLE DES POÈMES PERDUS

Tu grignotes dans la nuit ce biscuit inactuel 

que l’on appelle encor – semble-t-il ? – un poème

Avec la craie qui le traça sur le tableau noir de l’enfance
Avec le stylo feutre bleu qui enjambe les ponts et les refrains présents
Avec tes doigts de vieux copiste aimant les lettres illuminées
Ensuite c’est la grande inconnue

Salle des poèmes perdus