DES ESSAIS





Des Essais

Montaigne en fit des tonnes





Je n’ai pas asteure

Ses livres sous les yeux

Mais je me souviens

De quelques passes mémorables





Il appelait ça peindre le passage

Celui du Temps :

dont il goûtait

chaque seconde

quand tout bien

fonctionnait





Par contre

Quand il avait le bourdon

Il le traversait

à sauts et à gambades





Cette nuit

Je dois l’avouer

C’est la cloche des morts

Qui m’a réveillé





Alors je prose

Cheval blessé

Qui rue

Et trempe généreusement

les doigts dans l’encrier





Comme vous pouvez

ci-dessous

le constater

manuscrit
tel quel
les doigts dans l’encrier

	

CHERCHANT LE POÈTE ET NE LE TROUVANT PAS

 

le temps te dévisage
tu soutiens un temps son regard
puis tu t’éloignes
comme absent de cette histoire
avec sa petite hache
 
cherchant le poète et ne le trouvant pas
il est allé cueillir des simples
mais la brume est épaisse
je ne peux vous dire où il se trouve au juste*
 
*Ji Dao (779-843) époque Tang
traduit par J.F. Billeter

ÇA A PASSÉ





ÇA A PASSÉ
 
Ça a passé Le temps joyeux Des barricades
Ça a coulé Le temps galet De nos balades
 
Plages du temps De notre enfance Jeu de marelle
Sous les pavés Petits lézards Ont de la peine
 
Ça a passé Jour après jour Heure après heure
Le temps pavé Et dépavé De nos calades
 
Cailloux du temps De nos genoux Pleins de couronnes
Ça saigne un peu C’est la rançon Des petits mômes
 
Ça a passé Biographie Atteint son terme
Fou qui se fie Au temps passé Hydre de Lerne
 
Mythe du temps L’enfant qui joue A de la peine
L’un après l’autre Heureux mortels Quittent la scène
 
Ça a passé Le temps joyeux Des barricades
Ça a coulé Le temps galet De nos ballades
 
Ça a passé Sur les sentiers Voyag’ s’achève
L’enfant a dit C’est moi maint’nant Sur le manège ! (bis)


*

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