Ma vie sans moi
Ah ! quel beau titre
À plus d’un titre
Ma vie sans mézigue
Mais dans une figue
Une noix un coing
Ma vie de clandestin
Passager d’une page-poésie
Non traduite
Ma vie sans toi
Qui est partie
À pas légers
titre Armand Robin (1912-1961)
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Ma vie sans moi
Ah ! quel beau titre
À plus d’un titre
Ma vie sans mézigue
Mais dans une figue
Une noix un coing
Ma vie de clandestin
Passager d’une page-poésie
Non traduite
Ma vie sans toi
Qui est partie
À pas légers
titre Armand Robin (1912-1961)

UNE VOIX CHERCHANT SA VOIE
Pour que les mots ne cognent dans le vide
Je m’abreuve aux sources créatrices
Diffuses dans les textes difficiles
Ceux qui résistent ceux qui se dérobent
Mots faisant notre humaine condition
Je les reprends les reprise les frotte
Aux différentes formes de ma vie
Une vie qui m’échappe sans emphase
Mais non sans essai de creuser ma voie
Juste une voix de tous et de personne
(dizain V)
tresse des voix enregistrez le poème envoyez-le à mon adresse doriojeanjacques@gmail.com et je le posterai ici à la suite
la branche dont je suis issu
Ma vie comme dit l’autre il a bien fallu qu’elle commence De l’intra-utérine rien ne dirai bien des frères de plume s’y sont risqués mais leur traité m’ont toujours ennuyé car pour parler de nos parents et des parents de nos parents point n’est besoin de commencer par l’œuf de Colomb ou la ficelle du père Adam Je naquis donc une nuit de mars à 5 heures du mat si j’en crois le livret un vingt-quatre 45 jours avant l’armistice du 8 mai c’est le docteur du village voisin qui vint ma mère délivrer dans la chambre de notre maison donnant sur la place de l’église de La Bastide de Besplas Ariège ma mère Suzanne avait 31 ans mon père Noël 33 Il s’était évadé d’une ferme allemande en 42-43 (faut que je vérifie j’ai enregistré son récit) Noël Dorio avait été élevé par ses grands-parents -la guerre de 14 ayant décimé ses père et oncles et par « ricochet » sa mère – dans une ferme propriété d’un maître débonnaire d’ailleurs et qui prit soin à la promotion du petit orphelin En épousant Suzanne tous deux devinrent propriétaires de quelques hectares de terre qu’ils firent vaillamment fructifier avec une paire de bœufs pour labourer quelques vaches pour les veaux et le lait vendu aux habitants du village cochons poules canards et la petite vigne pour la piquette de l’année le blé donné au boulanger en échange des « marques » qui désignaient un petit bout de carton que l’on échangeait contre un gros pain de campagne – comme il se doit – bref si vous avez tout lu vous avez songé à la liste de Perrette et du pot à lait
UN DICTIONNAIRE À PART MOI Patchwork in progress
Une autre manière de l'écrire en octosyllabes L'ART DU BOUSTROPHÉDON Où je suis né on me l'a dit* Mais ceux-là même sont partis depuis longtemps hélas. Mon père, ma mère, essentiellement. Dans une maison de village, face à l'église qui sonnait mâtines, midi, l'angélus. Personne ne s'agenouillait. Ma rue - je ne sais plus son nom - Traversait alors la commune, Je la quittai bientôt pour une autre, dite du pré de long . C'est là que j'appris à courir, Mes genoux portaient la couronne, Petit Poucet rieur offrant Miettes d'enfance au royaume. Mes parents étaient paysans. Pas un sou mais quelle richesse : Lait veau vache cochons couvées Blé maïs et pommes de terre. Quelquefois je guidais les bœufs, Mon père faisait ses sillons, Qui aurait dit qu'il me montrait Ainsi l'art du boustrophédon : C'est tourner d'une ligne à l'autre Le sillon égale le vers. Lui semait le blé dur, l'épeautre, Mon champ est plus imaginaire. Je le sais mais je persévère. *Georges Perros (Une vie ordinaire)

9
Restez chez vous
Avec votre scie
à découper tous les puzzles
de la vie
mode d’emploi
10
Restez chez vous
Quand vous n’aurez plus
de cornflakes
Mangez du foin
11
Restez chez vous
Pensez à vous
Un peu aux autres
Au père Noël
Et à la mère Ubu
12 Restez chez vous Avec Pierrot le Fou Mais zappez la rengaine d’Anna Karina sur la plage sans pavés : qu’est ce que je peux faire j’ai rien à faire 13 Restez chez vous Pour la musique Dorio vous conseille Sinfonia de Berio Le cru et le cuit Les frères les frères À la chasse du pangolin dans les Pléiades Ce mythe nous retiendra très longtemps 14 Restez chez vous La baguette croustillante Sort chaque jour Du fournil du boulanger des Effarés Sous les poutres enfumées Ornées du chant des grillons 15 Restez chez vous Plantez des choux 16 Restez chez vous Au téléphone répondez invariablement My name is Bond James Bond 17 Restez chez vous Pour tout l’or des mots Pour tous les morts du Corona Qu’ainsi vous avez évités
17/23 à vos claviers depuis chez vous poursuivez la liste
Restez chez vous
à lire Rimbaud
dans cette saison
en enfer
Restez chez vous
enivrez-vous
de poésie
et de ratures
sur le papier
Restez chez vous
ventilez la terre
préparez votre jardin
demain peut-être
il fleurira
il germera
laissez-le faire
Restez chez vous
la belle affaire
croix de bois
croix de fer
si vous sortez
gare à l’enfer
Restez chez vous
clavier sous les doigts
en relation
avec Poésie
mode d’emploi
M.D C
Soyez indulgent
envers le poète
des Métamorphoses
exilé de force
près de la Mer Noire
Soyez indulgent
envers le poète
qui fit des ballades
sous les arbres
où se balançaient
des pendus
Soyez indulgent
envers le poète
effaré
qui inventa une
cinquième saison
pour les mômes
affamés
leurs culs en rond
Soyez indulgent
envers le poète
lisboète
qui signa de cinq noms
son œuvre impersonnelle
Soyez indulgent
envers le poète
qui épuisa sa police
politique
puis se tira une balle
en plein cœur
(ou peut-être
dans sa tête)
Soyez indulgent
envers le poète
ci-devant
qui passa sa nuit
dernière
à consoler
sa jeune captive
la tête sous la guillotine
Soyez indulgent
envers le poète
qui écrivit ses lignes
tout un dimanche
de sa vie
répétitivement