UN SONNET SANS HISTOIRE

Un chic alexandrin avec ses douze timbres

La nuit consolatrice allume ses paroles

Appliquées, turbulentes,  inconnues du grand nombre.

Très simple de chanter l’absence de tout rôle

D’un poète qui n’aime pas fair des histoires

Oui il sait qu’au lointain de cette nuit, le monde

Souffle et soufre, fait la guerre, se déchire,

Mais veiller à ne pas attiser ces délires

Est sa façon de switcher l’infernale ronde.

L’espace d’un poème il est sable et enfant

Il est la lune pâle et le soleil brûlant

Le pacte de vieillesse avec la solitude

Le refus des rimes idiotes qui gigotent

Leur béatitude. Rideau. Fin du sonnet.

POÈMES NON LUS POÈTES DISPARUS

Jamais on n’a autant écrit de poèmes et jamais on n’en a aussi peu lus

J’ai lu ça il y a des plombes

J’ai lu aussi que les neuf dixièmes des livres sont inutiles mais on ne peut discerner lesquels qu’après coup

Longtemps Longtemps Longtemps après que les poètes ont disparu

LES POÈTES QUE NUL NE CONNAÎT

Les poètes qui refusent de se vendre au marché de la poésie

Que l’on publia naguère dans quelques revues discrètement disparues

Les poètes dont on taira le nom ici

Hommes erratiques femmes farouches

Libres senteurs mantes irreligieuses

Ces poètes cette nuit envahissent mon espace vierge

Comme la page que l’on combat à corps perdu

Ils passent par milliers elles m’écrivent d’outre-tombe

Je leur fais part en retour de mes rêveries pacifiques devant l’océan du même nom

Depuis Valparaiso Val Paradis

Présent presente y para siempre *(pour l’éternité)

*qui trouvera l’allusion faite à l’enterrement d’un poète (de chair et d’os) gagnera mon premier recueil de poèmes publié en 1975 par P.J.Oswald (hors commerce désormais)