ÉCRIRE LA NUIT

ÉCRIRE LA NUIT

Au fil du temps et de la plume, écrire la nuit, « ni peu ni prou », me fait songer à cette affirmation de Proust :

le sommeil est comme un second appartement que nous aurions et où, délaissant le nôtre, nous serions allés dormir. 

Je n’ai pas pour ma part de second appartement, mais plutôt une seconde vie quand la nuit, entre deux sommes,

j’écris.

LE JEU DU CADAVRE EXQUIS

Le cadavre exquis-boira-le vin nouveau On dit que c’est le premier texte produit par le jeu du cadavre exquis inventé  et écrit par Jacques Prévert (le futur poète de Paroles) Marcel Duhamel (l’inventeur de la Série Noire) et Yves Tanguy (le peintre surréaliste) qui habitaient Paris 54 rue du Château dans le 14e Vous connaissez le truc : le premier cache ce qu’il vient d’écrire au second qui fait de même pour le troisième À ma connaissance c’est passé de mode mais plutôt que de vous prêter au jeu des sondages délétères vous devriez réactiver ainsi votre imaginaire donc votre capacité de résister à la servitude volontaire ambiante On peut jouer à 3,4,5 etc Et même tout seul J’écris /en Irlande/électron libre/sous ma loupiote /au pied de l’échafaud / (j’ai puisé dans mon carnet en cours d’écriture les premiers mots de chaque 5e ligne) Le cadavre exquis/ de Navalny/hante  Poutine/qui disparaît/noyé/dans un lac de Vodka/ là vous vous en doutez j’ai triché avec la réalité mais sait-on jamais ?

LA PLUIE FAIT DU GOUTTE À GOUTTE


La pluie fait du goutte à goutte
Fenêtre ouverte je l’écoute
Il pleut ces lignes sur mon papier
Il pleut il pleut bergère
Il pleut 9 rue de la Bergeronnette
C’est la pluie petit patapon
La bonne petite pluie
La pluie pour les poètes
La pluie pour les Lapons
La pluie fait du goutte à goutte
Elle tombe infinie
Je referme la fenêtre
Mon poème est fini


Martigues dimanche 28 avril 2024
Jean Jacques Dorio 9 rue de la Bergeronnette


TROIS HEURES TREIZE

Trois heures treize
Ma sœur Thérèse
La nuit est belle
Sous la chandelle
Les vers s’égrènent
Issues et graines
Voix solitaire
On ne peut taire
Cet air très vieux
Que rajeunit
Ce nouveau dieu
Qui toujours nie

Trois heures vingt
Frère Sylvain
La nuit rebelle
Blonde aux yeux noirs
Flamme éternelle
Vêtue de noir
Les vers chancellent
De purs sanglots
Le chant de celle
Partie trop tôt
L’horloge sonne
Il n’y a personne