Où sont passées mes pantoufles (ad libitum)
Mes pantoufles mes pantoufles mes pantoufles toufl’s toufl’s
Jean Constantin chantant et se démenant
S’accompagnant au piano droit
C’était du spectacle
Un spectacle hilarant
Où sont passés mes poèmes (ad libitum)
Mes popos mes popos mes poem’s ems ems
Ça fait moins rire
Ça tombe à l’eau
Mais ça fait rien
J’ai essayé
Sortant mes pousses nouvelles
De ce bourbier
Dans lequel pataugent
Les poètes
Qui viennent se vendre
Au marché de la pouésie
Londres dernière mardi 23 janvier 2024
Author Archives: Jean Jacques Dorio
REGRETS ÉTERNELS
Cette nuit je me suis perdu dans Prague dans une nouvelle écrite bien avant son invasion par les chars soviétiques en 68. C’était en 1936 indique l’auteur dans une préface où il essaie de justifier, vingt ans après, sa réédition.
Dans cette ville où il attend des amis pour prendre le train vers l’Italie, le narrateur traîne sa misère matérielle (il doit compter sou après sou pour survivre) et spirituelle : les jours mortels que j’y vécus. Il erre, en effet, le long de sa rivière, l’Vltava, où dans le quartier du Hradschin au milieu d’églises, de palais, de musées : Je tentais d’adoucir mon angoisse dans toutes les œuvres d’art. Truc classique : je voulais résoudre ma révolte en mélancolie. Mais en vain. On passe sur le style : je ne renie rien de ce qui est exprimé dans ces écrits, mais leur forme m’a toujours paru maladroite. (préface)
La nouvelle se termine ailleurs, dans un petit cimetière d’Alger (sa ville natale) aux portes de fer noir, surplombant la mer. Le narrateur que l’on confond avec l’auteur évoque une tombe abandonnée avec sa plaque Regrets éternels. Heureusement il y a les idéalistes pour arranger les choses. Ainsi, aussi, sera notre conclusion.
Le titre de la nouvelle est La mort dans l’âme. Il y a assez d’indices,nous semble-t-il, pour n’avoir pas besoin de désigner son auteur.
Londres lundi 22 janvier 2024
JE TIRE LES FILS D’UN FILS
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HISTOIRES ANONYMES
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DES PAGES GRAVÉES DANS LE MARBRE
Aujourd’hui j’ai vu des pages et des pages gravées dans le marbre : de la pierre de Rosette à l’épopée de Gilgamesh
J’ai vu j’ai lu j’ai regardé avec une attention extrême si bien qu’il y a eu un moment où je me suis évaporé
Revenu à moi je me suis fait la remarque que j’avais vu des pages et des pages de tablettes de signes et aucun nom d’auteur aucune signature Alors j’ai imaginé un musée d’aujourd’hui où l’on pourrait voir affiché la littérature et les essais du siècle XX sans noms d’auteurs (en anglais à Londres, en espagnol à Madrid et à Mexico et à Buenos Aires, en italien à Rome, en portugais à Lisbonne…)
Et pour Paris voilà ce que l’on pourrait lire dans la première salle (c’est juste le début chacun doit continuer le combat) :
C’est ce qui échappe aux mots que les mots doivent dire…C’est une grave erreur de croire en une écriture féminine ou masculine…Il n’y a que des écritures tout court et plus elles sont androgynes mieux c’est…Ah tiens mais comme je suis contente quelle chance de vous rencontrer dans cette librairie Hachards…Je vous présente mon père avec qui nous sommes à la recherche d’un livre devenu introuvable…mais sait-on jamais ici…Son père réservé comme attendri arbore un sourire timide gêné…il a vu à la première page cette dédicace imprimée : À mon père…
Londres 19 et 20 janvier 2024