XXIV HEURES PILE

XXIV heures pile

Les deux aiguilles sur le XII

La saveur des heures fixes

Domaine du Grand Pin

Sur la feuille d’un sang noir

Tiré de mon encrier d’écolier

La tête pleine de dictées

Et de poèmes appris par cœur

Je me les récite

14 lustres après

Les avoir recopiés

Sur le cahier de poésie

À chaque ligne un tournant

Dans cette main qui jette

Des étincelles dans la nuit

À CHAQUE PAGE UNE PARTIE SE JOUE

À chaque page une partie se joue Avant de commencer on ne sait laquelle À chaque éveil que nous fait le coup des insomnies Cette nuit c’est le jeu du fugitif Il se cache dans une cuadrilla qui s’avance dans le ruedo Ou bien il joue de la clarinette pour animer les débats Sur l’arène sans glas des cinq cœurs du soir planent sept milans ou peut-être des buses Et après sa mise à mort les mules et leurs grelots font tourner le taureau Comme une toupie

Un nouveau dictionnaire à part moi

(en cours d’écriture vos commentaires sont les bienvenus)

LE LIVRE PERDU

Le livre, je ne sais plus où je l’ai rangé  parmi les autres livres ou bien à une place inaccessible pour les mortels.

C’était un livre sur l’absence, un livre sur la présence de nos absents dans le chant d’un oiseau par exemple, une expression perdue ou ce petit coin de jardin où repoussent chaque printemps nos iris.

Voilà et dernière précision c’est toi qui l’avais écrit ce putain de livre qu’il faudrait absolument que tu retrouves,  mort ou vif.

LE RELAIS

Tout est confus, insaisissable.

Le sommeil dans la nuit passe sans bruit.

Chevaux du temps hantent les rêves.

Des oiseaux teints de rouge piquent leur dos.

Tout cela on dirait se fait sans moi qui prose ces vers maladroits, mais qui parlent parfois à l’oreille d’une autre.

C’est du moins ce qu’elle m’écrit quand elle prend à son tour le relais.

MARCELINE

Que mon nom ne soit rien qu’une ombre douce et vaine

Qu’il ne cause jamais ni l’effroi ni la peine

Marceline Desbordes-Valmore

Des images et des songes

Mis bout à bout en vers

Quelquefois gais quelquefois sombres

On connaît d’elle les roses de Saadi

Ses vers à l’improviste la tenaient à flot

Dans le fleuve noir de sa vie

Faire des recueils de poésie

C’était prendre sur soi-même

En mètres vibrants où la musique

Tâchait de vaincre le chant des pleurs

Avec les roses à la mer en allées