on va bien voir
voir les yeux fermésvoir un papillon
qui rêve de Tchouang Tseu
on va voir les masques silencieux
et la musique si lointaine
de Guillaume le Malaiméon va voir
voir les yeux grands ouverts
voir cette nuit blanche
qui neige sur la page
on va voir
cette plume légère
qui va et vient
sans laisser de tracesJean Jacques Dorio 13/09/2023 01 :14
on va bien voir…lire les yeux fermés 15/09/2023 02:28
Nous étions assurés qu’ainsi
Se formait la pensée
Une fleur du même nom Jean Louis Rambour
à qui ce poème est dédié
« J’ai tendu des perches »
Un ami m’en remercie
Un post A.V.C.
Un ami poète
Immense minorité
Qui poursuit la quêteL’A.V.C. cruel
A attaqué son langage
Ça c’est le pompon !
Il me l’a écrit
Moi j’en suis tout remué
En plus il me donne(Belle confiance)
Trente pages imprimées
Sorties de ses tripesDes tableaux d’un peintre
En couleur en vis-à-vis
C’est impubliable(Trop chères les pages)
Tiré en quatre exemplaires
Un précieux présent
Première impression
« Ça tient on ne sait comment »
Mais si on le sait
Ça tient ça salue
Quarante ans d’écriture
Avec un pari
Pages une à une
Arrachées au désespoir
Par l’activité
Avec des contraintes
J’écris en puisant dans chaque
Tableau de l’artiste
J’écris 18 lignes
Portées par un « Nous » qui noue
Nos belles couleurs-Paradis vécus
D’une vie où tout fit sens-
À nos froides cendresOui du miel aux cendres
Selon les Amérindiens
Et selon Bleu roi(Son titre choisi :
Nous étions sur le bleu roi)
Chevilles genouxNous aimions les fleurs
Les communes les subtiles
Ornant nos sonnets
Nous étions la brosse
En mouvement sur la toile
Des nuits étoilées
Nous avons aimé
Que nos corps s’inventent
Une éternité
Martigues 8 septembre 2023
tableau exécuté le 04/07/2014 50×70 cm acryliques et papier découpé (pour le titre)
suivi d’une lecture de Danielle Nabonne ce 12/09/2023
Un cheval noir Du désordre les sabots Gueule ouverte loup La violence du désir Ô l’océan d’antan Nos bleus mouvants Je t’aime je pars Les non-dits les hasards La course sans délai La poursuite de nos Utopies Nous lisions dans les lignes De nos mains entrelacées Un avenir improbable Camarades Nous écrivions L’instant sa folle éternité Une étoile filait Vers l’infini Nous la suivions À la trace
on va bien voir
entrer sur la page
comme glisser sur une mer d’huileon va faire le sauvage
mais sans jamais s’écarter
de la syntaxe et de l’or
thographeon va écrire à la mouche
à la chandelle
à la dent de crocodile
à l’or du temps
à l’heure du laitiermais jusqu’à la fin
sur cette page
où l’œil a fait son chemin
sans hâte
remplissant ligne à ligne
ce vide bienfaiteur
Jean Jacques Dorio 12/09/2023
voix Dorio sur cantata sopra il passacaglio chant Christina Pluhar
Écrit de hamacJe me balance la têteDans mes rêveries
Juste avant de faire la petite sieste dans le hamac bercé par une saute de vent soudaine (Brassens), je grapille encore quelques mots disséminés dans un poème pas très catholique. Mon œil s’amuse à détendre l’impossible (une expression qui semble dénuée de sens mais qui m’a échappée), s’oubliant dans ce sonnet en X, qui par « la magie de la rime » (onyx, phénix, Styx, nixe) permit à Mallarmé d’inventer le mot ptix : un hapax absolu, dit-on. Mais, miracle de l’instant et foin des mots savants, une cigale vient me visiter, qui sur un des amandiers servant de support au hamac, se met à gratter ses ailes. Ptix, ptix, ptix, un délice de berceuse qui m’endort derechef…16 juin 2020 et 11 septembre 2023
photo hamac amérindien arbre terrasse table porte fenêtre
sur la pochette de mon premier cd de chansons (de quatre sous)
enregistrées au studio le Petit Mas le 18 mai 2016