Une couche de vase couvrait encore la terre. Mais, ici et là, s’épanouissaient déjà de petites Fleurs Bleues. Raymond Queneau Rêver, faire des calembours, des canulars et des calembredaines. Rêver, faire des exercices de style et de pensée, où chaque rêve rend inutile les clefs du rêve précédent. Rêver, en s’oubliant sous les ailes d’un papillon, dans les pas perdus du hall de la gare Saint-Lazare, dans les eaux fortes d’André Masson. Rêver dans les livres d’images qui nous échappent des mains avant de nous en aller au royaume des quatre sans cous. Rêver, et dans la boue des histoires embrouillées, faire pousser pour nous régénérer, les petites fleurs bleues.
Author Archives: Jean Jacques Dorio
LA TERRE LE CIEL ET LE TROISIÈME ÉLÉMENT
Terre à terre Ou de plein ciel Que dire que taire ? Terre, ciel et un troisième terme que je ne sais nommer Mais qui, entre présence et absence, tient ma plume Et lui dit d’exister Exister sans se montrer, Sans se monter la tête, Sans prétendre penser Terre à taire Ciel invisible Et sous terre Les germes De nos changements Secrets


POÈME D’ÉCHOUAGE
Poème perdu dans l’entre-soi Dans l’entresol de nos pensées Poème tissé dans la soie Reflet de nos impensés Poème tu qui nous échappe Et nous prive d’images Poème d’échouage Poème qui joue à s’écarquer À s’écarter de nos stridences Poème de nos lyres arquées De danses en contredanses Poème des nymphes divinisées Courant nos livres de sable Poème mort qui resurgit Dans le corps d’une initiée Poème qui échoue sur Une grève oubliée Poème de partage
SONNET DES CHAMPS MAGNÉTIQUES
Les gaz incolores sont suspendus Deux mille trois cents scrupules Neige des sources Les sourires sont admis Philippe Soupault André Breton Les champs magnétiques Logés dans la coquille de l’inconscient freudien Deux pagures s’abandonnent à l’écriture sans fin à toute vitesse et à quatre mains. Ils sont jeunes, ils ont faim. C’est le printemps premier après la guerre atroce Des nuits durant ils ont arpenté le boulmich Laissant aller la langue des mots libérés de servitude volontaire. Et maintenant, en avant l’écriture « automantique ! » Avec des arrêts, des lectures en sourdine, Des reprises vrombissantes, des cris et chuchotements, Des moments où la nuit devient l’aube hallucinée. Les rires étaient admis avec la subversion, le dialogue intérieur, le vice de construction, Toutes les graines ensemençant encore nos Champs Magnétiques !
J’AI CRIS & FIRMAMENTS
J’écris dans l’éphémère cherchant le permanent
J’écris de thébaïdes et d’archipels ancrés dans l’irréel
J’écris glanant éclisses et firmament
J’écris brindilles et branches charpentières
J’écris dans l’espace que m’octroie le temps intemporel
J’écris à l’épreuve de maints coups de martels
J’écris Orion de Bételgeuse et de Rigel
J’écris dans les pas d’un chasseur des Vigies
Qui ne sait jamais d’où va venir
Le mot qui tue ou régénère