UN DICTIONNAIRE À PART MOI (enfance...suite)
la maison d’école
l’école était au centre du village grande bâtisse imposante dont je ne me suis jamais demandé qui l’avait faite construire par qui et pour qui – regrets tardifs – maison d’école réservée aux couple d’instituteurs qui occupaient les pièces du premier et aux élèves dans les salles du bas – petites classes à gauche dirigées par la maîtresse Madame G. ou Madame D. et grandes classes à droite mais salles séparées où officiait son époux Monsieur – c’étaient des maîtres quasi sacrés des « régents » en occitan réjints – pour la prononciation – quand je les rencontrais enfant je n’étais pas tranquille – disons – je levais mon béret, je formulais distinctement bonjour monsieur – plus prosaïquement nos instits étaient gavés de victuailles venues des tueries de cochon du vin des vendanges des lapins poulets pour mes parents et des produits du jardin bien que nos régents issus eux aussi de parents paysans savaient cultiver le leur – un jardin leur était attribué –
comment j’appris ou je n’appris pas à lire
l’école était la priorité des priorités le lieu d’où sortait le savoir le vrai mis à part le bran rabelaisien que j’ai plus haut évoqué (pas ici) j’y entrai pour des raisons plus nobles comme un phénomène – déjà je savais lire avant de commencer ! – en réalité j’avais appris par cœur un petit livre où je m’assimilais à un ours tournant les pages au moment opportun mon grand-père Vidal me l’avait peut-être enseigné un de mes premiers souvenirs d’enfance est celui de sauter sur ses genoux entraîné par ce cheval imaginaire – ahi ! coco ! – qui me faisait passer du pas au trot et du trot au galop au galop et tout ça avec le bruit des sabots en bois avec des lanières de caoutchouc – quant te coustéron les esclops quand eron naous – combien t’ont coûté tes sabots quand ils étaient neufs

