CHOSES QUI FONT BATTRE LE CŒUR





La naissance des enfants

et des petits faons





Les Constellations de la voie lactée

sur les toiles au secret

de Joan Miró





Les poésies de Charles d’Orléans

au puits profond de ma mélancolie





L’encre noire comme le sang

de nos nuits déplumées





La fraternisation

portée au plus haut point

en mai 68





La disparition ce livre sans eux





Et ce dernier vers

                                                    Que personne ne connaît             









16/01/2020

04h28

ENTRE DEUX PANNES





Humains épannelés

Devant la perfection

André Ughetto





Je suis en panne d’inspiration

Devant une panne « réservée aux usagers »





Assis sur une barque renversée

Oyant le clapotis de la mer étale

Dans le port « pas plus grand

qu’un mouchoir de poche »*

de Carro





-Cherchez bien il existe

hors des prairies lyriques

de Venise ou du Lacydon-





Le bonnet sur le chef

Feuillolant un vieux livre de vers

Qui me rajeunit





*Un petit cabanon

de Vincent Scotto

chanté par Alibert





PATCHWORK IN PROGRESS


POÉSIE MODE D’EMPLOI
écriture sans rature
mais avec le clavier
il n’est pas interdit
de modifier






C’est une page qui remue comme un serpent

C’est un page écrite sous les yeux de musiciens jazzant à Vienne

C’est une page écrite à la fin d’un long silence





C’est un souvenir d’enfance

C’est un souvenir d’enfance écrit soixante ans après

Celui qui l’écrit regarde ce qu’il est devenu dans la glace

avant de s’y mettre vraiment

C’est un souvenir d’enfance qui dévasta un petit enfant sans histoires

C’est un souvenir d’enfance Ô vous frères humains d’Albert Cohen





C’est un mouvement qui ne peut cesser

Si l’on en croit les théoriciens des vers

C’est un mouvement en voie d’extinction

Si l’on en croit les praticiens des vers

C’est un mouvement





C’est un roman qui commence par l’annonce d’une catastrophe

C’est un roman qui commence par nommer le mort victime de la catastrophe

et le supermarché qui dans le même temps s’est effondré

C’est un roman qui commence par ce souffle puissant propre aux catastrophes

C’est un roman catastrophique





C’est un lecteur

C’est un lecteur fâché avec l’unique libraire de sa ville

C’est un lecteur qui fait venir ses livres par la Fédération Nationale d’Achat des Cadres

C’est un lecteur qui aime briser les cadres

C’est un lecteur qui lit quatre ou cinq livres en même temps

C’est un lecteur qui écrit sur tous les livres qu’il lit

exceptés les livres de poésie

qu’il recopie





C’est une manière d’écriture du soir en attendant le film d’Arte

C’est une manière de donner le change aux chaos qui s’enchaînent

quand vient la nuit

C’est une manière d’instrument de recherche

C’est une manière de ralentir

Attention Travaux

13/01/2020
temps d'exécution
une heure environ

JE PARLE AU PAPIER





« Je parle au papier comme je parle au premier que je rencontre »

Michel de Montaigne





À force de recopier mes auteurs bienheureux

Sur des bouts de papier

Je ne sais plus bien

Si c’est d’eux ou si c’est de moi

Lequel des deux a pris la main





Laquelle m’a donné ses excès d’images

et de piétinements

ceci pour le trop dire





Ou bien qui fait silence

autour du mot manquant

ceci pour le trop peu





Ce texte privé d’Aura

peut maintenant disparaître





10/01/2020

01h01

ONIROCRIS





Sur le papier froissé

Je jette mes poèmes

                                                                  Fantaisies pièce à pièce





De quoi me réparer

De la prose du monde

Qui le jour me déchire





Un cheval entre en scène

Il traverse le fleuve

De Mémoire et d’Oubli





Mon papier à présent

Fait boule de neige

Traverse cette Cour





De comédiens inventifs

Faisant passer l’horreur

Des guerres hypertrophiques





Dans leurs Onirocris

14/01/2020
01h00




Onirocri

d’Antoine Bourseiller

Cour d’Honneur du palais des Papes

Avignon été 1973