LE TEMPS BIFURQUE

LE TEMPS BIFURQUE Le temps bifurque perpétuellement vers d’innombrables futurs. Borges. Dans l’un d’eux vous lisez ce fragment, le jour du solstice d’hiver (ce 21/12/2020), dans un autre vous faites une partie d’échec avec Ts’ui Pên, qui gouverneur du Yunnan renonça au pouvoir temporel pour écrire un roman en forme de labyrinthe, dans un troisième, d’un pinceau minutieux, vous recopiez la citation du livre que vous être en train de dévorer, sur un papier jadis cramoisi, maintenant rose et quadrillé : comment être moderne en étant anachronique, catachronique, parachronique, achronique, etc… Daniel Oster 1938-1999 Rangements   

VOUS Y PENSEZ VOUS AU TEMPS ?

VOUS Y PENSEZ VOUS AU TEMPS ? Pas au temps qu’il fait, mais au temps qui s’écoule. Depuis votre naissance par exemple, car vous êtes bien né un jour, une heure, assurément, et quelque part, comme dit la chanson. Moi par exemple, c’était au printemps 45, au tout début. C’était dans la chambre où m’avaient conçu (je suppose) mes parents. Je n’ai pas le livret de famille sous mes yeux, et malheureusement, c’est presque un comble, je n’ai pas retenu l’heure que l’employé de mairie a transcrite. Mais je sais cependant que c’était sur les 2 ou 3 heures de la nuit. (L’heure, entre parenthèse où je commence ce texte, ce onze septembre 2023, selon notre calendrier Grégorien, créé par le pape Grégoire XIII et entré en vigueur le 15 octobre 1582.) Né le 24 mars 1945, précisément, ça fait un sacré bout de temps vont penser ceux et celles qui sont nés de la dernière pluie. Ceux et celles qui ne connaissent pas, assurément, ce fragment d’un bonhomme qui serait né à Éphèse, on ne sait trop quand, moins 500 ou moins 600 avant notre ère, dans une cité grecque d’Asie mineure (en Turquie actuellement). Il s’appelait Héraclite. J’ai souvent utilisé dans mes écrits, notamment pour lancer certains de mes poèmes, ce fragment : Le Temps est un enfant qui joue.

L’ÉTÉ N’EN FINIT PAS DE REJOUER SA PARTITION

à la fin de l'été cet été c'est encore l'été
on va encor à la plage
on amène sa chaise à la toile bleue
on raconte des histoires à la mer
qui veut bien les écouter
maintenant que les vacanciers sont partis
il y a bien quelques méduses
mais on les évite en récitant des vers
venus de nos muses
on est ému de les mouvoir
au fond de nous
spontanément
sous la dictée du dedans

ON VA BIEN VOIR : dernière carte 16/16

on va bien voir
dernière carte d’un jeu
venant du Musée du Prado

on y a vu
des lecteurs égarés
devant ces lignes
qui ont multiplié
leurs formes et apparences

on y a vu
les yeux fermés
le papillon de Tchouang Tseu
et la musique si lointaine
de vers improvisés

et maintenant
tous feux éteints
après le mot « fin »
tout peut recommencer

Jean Jacques Dorio 29/09/2023 01 :34