Faut pas en dire plus Cacher les mots sous la cendre Son crâne rempli de poèmes (Une image de Maïakovski) Faut dire adieu à la rime À la vision crépusculaire Rencontrée sur le boulevard du Crime Faut dire Adieu à Nerval Retrouvé pendu à un réverbère Rue de la Vieille-Lanterne Faut en finir avec la desdicha -le mal/bonheur- et le desassosego -l’in/tranquillité- Ou bien les consommer Ni trop Ni peu
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VOUS QUI AVEZ DU PLOMB DANS LA TÊTE

Vous qui avez du plomb dans la tête Fondez-le pour en faire de l’or surréaliste Le panneau ainsi rédigé Apparaît sur mon écran Ce 17/01/2022 À 19 heures pile C’est un clin d’œil de ma fille Qui me l’envoie depuis le MET 1 Qu’elle visite « en direct » Du coup je m’y remets Je reprends à pleine main Cette corde raide de notre espoir 2 Qui me hisse vers le royaume Des mots qui me viennent Comme la limaille à l’aimant Comme Poisson soluble 3 pour l’amante Qui transperce le cœur du docteur Freud À Vienne Vous qui avez du plomb dans votre coquille d’œuf Mettez-vous en mode pilotage automatique Au milieu des arabesques et de ce tangage 3 Qui vous permet de voir derrière vous Sans vous retourner La bête aux écailles roses 3 Celle qui porte en ses entrailles L’Or du Temps 1 Metropolitan Museum of Art in New York 2 Suzanne Césaire 3 André Breton 4 Julien Gracq
FEUILLETS ÉCRITS SOUS LA FEUILLÉE
J’ai tant aimé les Arts Que je suis artilleur Apollinaire Je découvre cette nuit (16 janvier 2022) les photos reproduisant les 16 feuillets manuscrits (14x9 cm), sortis de la plume de l’artiste artilleur Apollinaire, assis dans la tranchée entre deux salves de tirs. J’écris accroupi, sur mon genou…sur le sol rempli de vermine. Du coton dans les oreilles, tel est le titre parodique imaginé 1, souligné de deux traits qui simulent des vagues. De même que le nom de Guillaume Apollinaire qui continua à remplir comme un forcené ses petites feuilles de vers rimés avec aussi quelques calligrammes, ce mot-valise qu’il inventa au temps où la mandoline ignorait le bruit du canon 1 Ne mettez plus de coton dans vos oreilles Ça ne vaut plus la peine Quelle merde ! C’est le cas de le dire Sortie des longs boyaux où tu chemines Dans ta tranchée en première ligne Allô la truie Allô latrines Que l’on appelle ici des « feuillées »1 Je lis et relis sans cesse tes seize feuillets Que tu écrivis à la plume Je les dévore assis dans mon plume Cent trois ans après Après la balle qui froisse le silence de ta cagnat Que tu as baptisé Par je ne sais quelle percussion mentale LES CÉNOBITES TRANQUILLES Toi sentinelle au long regard Fondue dans l’œil des Chartreux Quand Dieu le grand Toto Les démange 1 Ne prenez pas les feuillées pour autre chose qu’elles ne sont, comme faisaient pas mal d’auteurs avant la guerre.

JE ME SOUVIENS J’AI OUBLIÉ
La mémoire est un oubli qui s’ignore Gérard Genette Je me souviens J’ai oublié Myosotis ou pavés de Guermantes La main du spectre d’une amante Je me souviens J’ai oublié Le jardin où les figuiers Brûlaient les yeux des impatientes Je me souviens J’ai oublié L’inconnu à la marjolaine Et ma Bohème cette antienne Où l’on tirait des lyres Comme des élastiques Je me souviens des nuits Qui tournaient chacune de mes pages En disant : C’est pour l’éternité !
VIRGILE
Je bats les champs et la campagne Loin de Paris et des klaxons Une guitare m’accompagne Et les rimes de mes chansons C’est charmant on dirait Virgile Composant ses travaux des champs Autour c’est la guerre civile Et l’enfer du Pandémonium J’interromps tout ce bruit funèbre Mon étude et mon aiguillon Sont les abeilles du vallon Et non les leçons de ténèbres Je bats les champs et la campagne Loin de Paris et des klaxons Une guitare m’accompagne Et les rimes de mes chansons