Par malheur sur terre Les trois quart des tocards Sont des gens très méchants Des crétins sectaires Ils s‘agitent Ils s’existent Ils s'emploient Ils déploient Leur zèle à la ronde Ils emmerdent tout l’monde Brassens (Chanson posthume) Il n’est pas difficile dans la connerie ambiante De couronner ce con de roi Qui sur les chaînes de télé plastronne Pétainiste crasseux il se prend pour de Gaulle Misogyne assumé c’est pour mieux protéger ses maîtresses et ses femmes Et Croisé moyenâgeux il veut expulser tous les hérétiques Du Royaume de France (la liste n’est pas close) 02/12/2021
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SUR LA PAGE FEU FOLLET
J’aime baroque baraque barrique Baron perché sur l’arbre mort En attendant Godot J’aime le masque la mascarade qui ne fait pas dans la dentelle et Carnaval des géants du bon Rabelais J’aime la rage, l’an rage 1, le coup de rein pour me sortir de la mélasse du langage pris dans les rets J’aime la salle des pas perdus la passe le passage du souffle sur la page feu follet J’aime les larmes les armes de la poésie les arts lézard qui pleure sa lézarde enfouie 1 dorio encres vives mai 1980 01/12/2021

C’EST QUOI CETTE FOLIE ?
Et de ceux qui le soir avec un bâton blanc Tracent des cercles sur le sable Victor Hugo Les Orientales C’est quoi cette folie Comme un fruit défendu C’est une poésie Arrêtée suspendue Elle est orientale Traçant des cercles sur le sable Comme un fruit à l’essai Est-il vert est-il mûr ? C’est une poésie Sur les lèvres endormie Sur le jardin d’hiver Brumeuses rêveries Que nul fil ne relie
LES QUATRE ÉLÉMENTS
Je suis tout feu tout flamme Je suis l’eau remontant à mes sources Je suis l’air de rien Je suis la terre des Dorio (tous laboureurs) Je suis le souffle qui ravive dès matines les braises du foyer Je suis l’eau de l’orage sur le visage de Rrose Sélavy Je suis la terre que le blé vert adoucit Je suis l’air dont s’abreuve l’alouette de Ventadour Je suis poète contumace1 à l’esprit follet Je suis la mer la mer toujours toujours recommencée2 Je suis la mère Terre (va-t-elle mourir la Mama ?) Je suis Phénix qui écrit des poèmes après Auschwitz* 1 Tristan Corbière 2 Paul Valéry *Dans cette ville (Francfort), Theodor Adorno a prononcé une grande phrase : on ne plus écrire de poèmes après Auschwitz. Disons-le autrement : après Auschwitz on ne peut plus respirer, manger, aimer, lire. Mais quiconque a déjà inspiré une première gorgée d’air, quiconque s’allume une première cigarette a décidé de survivre, de lire, d’écrire, de manger, et d’aimer. Heinrich Böll
COUPS DE CRAYONS DANS L’EAU
Ne chantez pas la Mort, c'est un sujet morbide Le mot seul jette un froid, aussitôt qu'il est dit Les gens du "show-business" vous prédiront le "bide" C'est un sujet tabou... Pour poète maudit Jean Roger Caussimon (musique de Ferré) Coups de crayons dans l’eau Dans l’eau de la claire fontaine Fontaine à côté de qui Je meurs de soif La grande soif du pauvre Songe Songe où s’abreuvent les cœurs purs Les cœurs purs de Jean Roger Caussimon Un poète camarade Que je chante la nuit Dans les caveaux Où s’balade la Mort Qu’il ne faut pas chanter

manuscrit orné d’un dessin dorio 23/11/2021