Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur Qui porte, confiture exquise aux bons poètes Des lichens de soleil et des morves d’azur Arthur Rimbaud (Le bateau ivre) Malice des mots de l’agora Comme le chat angora qui pelote La mandarine d’un mandarin Le double sens du mot hôte Ôte-toi de mon chemin Marin d’eau douce halluciné Qui sans haleur laisse les traces D’une confiture exquise aux poètes Qui ont perdu aujourd’hui leur aura Il est temps que le combat cesse Des mots de gueule et de galère Hypnos diffuse sur l’agora Ses feuillets d’étincelles toujours inachevées
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L’OUBLI LE BEL OUBLI
À mesure que je vois J’oublie j’oublie J’oublie tout ce que je vois Jean Tardieu En retrait et en tension au seuil de cette écriture aussi fragile soit-elle Retrait au sens premier puisque désormais après 40 ans de labeur tu touches ta pension Retrait mais non « retraite » mot traitre qui semble indiquer que le combat est bel et bien terminé En retrait et en tension mais avec « deux de tension » selon la moquerie À d’autres les ô et les ah ! lyriques de l’excitation factice Non, ici, tension détendue attentive à tout ce que l’on ne saurait dire qu’après un long détour où l’on active, l’âge venu, une faculté décriée : l’oubli le bel oubli.
POÈME DJAZZ
Poème jazz ou giboulée Je retourne à vos éléments Projectiles de l’année Robert Goffin (1898-1984) Poème jazz D’j’azdore Blues negro Spiritual Scat Free Et toujours L’impro Reine Le Jazz Jasé Jaseur Jasant Jusant Marée D’un monde Qui descend Et qui monte Le jazz Décent Des clubs Cotton Dans les voix D’Ella De Bessy De Mimi Perrin Le jazz Pérenne Du roi Amstrong Voix éraillée Trompette ailée Le jazz Du Duke In a sentimental Mood Le jazz Robuste Pistons Cornets Cuivres Marche au pas Dans les avenues En fête De Manhattan L’algonguine Le jazz Zzaj Agile Agité Fragile Des notes bleues Qui brisent La gamme D’un demi-ton Le jazz Fleurs bleues Inverses Et poussant L’âme En mi Nous la Là où N’entrent Que ceux Et celles Qui n’ont pour clé Que l’inconnu Que l’impromptu Qui lentement Nous éparpille Et nous reconstitue

UNE NUIT SANS SECRET N’EST PAS UNE NUIT
C’est à vous qu’elles vont mes lentes rêveries Et de mes pleurs chantés les amères douceurs Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859) Une nuit sans secret n’est pas une nuit (pour faire alexandrin, il manque une syllabe) Une nuit où l’on rêve avec Robert Goffin Délivrez-moi des poètes qui pleurent écrivait-il Qui pleurent dans leur cœur Leurs amères douceurs Puis il se rendormait le corps en chien de fusil Une nuit sans secrets partagés n’est pas une nuit
UN POST HORS THÈME
Este río de Urubamba Quasi quasi me ha llevado Una linda profesorita En sus brazos me ha salvado Folklore péruvien J’ai dormi sur les pierres de Macchu Pichu et de Pachacamac J’ai bercé mon pitchou en lui chantant des berceuses dans son hamac Je me suis baigné dans la rivière Urubamba Avec ma linda profesorita À qui je dédie post mortem Ce post hors thème "Cette rivière d’Urubamba A failli failli m’emporter Une belle petite professeure En ses bras m’a sauvé"