FACE À L’ÉPOQUE NOIRE

                                  5

Je cherche pour finir cette série de cinq

Poèmes des espoirs face à  l’époque noire

Je cherche en marchant en tournant chaque vers

Dans le pas des poètes les majeurs les mineurs

Les Orphées enchanteurs et les Orphées qui foirent

Voulant se retourner pour voir leur Eurydice

Heureux les amoureux que leur amour requinque

Et qui chantent sans cesse dans la joie la détresse

La perte de leurs flammes en arborant leur thyrse

Leur dérisoire insigne Ils persistent et ils signent

Leurs livres sur des lèvres de paradis perdus

En paradis présents sans regrets de jadis

Présent des nostalgies dans l’inachèvement

LA CORNE DE LA GUERRE

                                    4

La corne de la guerre ne doit pas interdire

Dans la zone de paix l’imaginaire du scribe

Du peintre du chanteur de lied ou de ballade

Je pense donc je suis ? Non Je suis donc je balade

Dans la vie des pensées qui peignent le passage

Ce n’est pas moi c’est moi Soi-même c’est cet autre

En mouvements subtils qui affirme et qui nie

La vie est mouvement mais aussi permanence

Maintien d’une recherche d’une vie belle et bonne

Avec et pour les autres en liberté en paix

ALLO C’EST UN POÈME

                                  3

Maintenant j’oublie tout le beau le laid et l’eau

Le lot tour de Babel et tours de Manhattan

J’oublie le mal-aimé et que maman attend

De son fils bien-aimé le coup de fil Allo

Allo il y a le feu Allo tout va très bien

Allo c’est un poème la voix vient de très loin

C’est la voie intérieure qui est tombée à l’eau

Nos sociétés sont sourdes comme des pots fêlés

Réel Imaginaire ne sont plus reliés

LA POÉSIE À CORPS PERDU

                                  2

Toujours la poésie à corps perdu à  cor

Et à cri Même silencieux à  l’ouïe

Le vers corne marine vibration de la lyre

(les modernes s’en moquent mais peut-être ont-ils tort)

Les cloches sonnent sans raison disait Tzara

Et nous aussi et nous oiseaux plumes d’ara

C’est très futile et très joli la poésie